‹ Un demi-siècle de civilisation françaiseChapitre 95 sur 112 · L'ACTION PRÉVENTIVE · texte numérisé non relu

L'ACTION PRÉVENTIVE

La méthode préventive domine et inspire toutes les mesures d'ordre public ou P^ivé, pl-l^^nthropiquc mut^^^^^ liste, prises en faveur des mères laborieuses et des enfants en danger physique. Plus tôt le contrôle ^'^^^^^ f P^^^^^^^ est efficace. Avant et après les ^^^^^^fl^"^^'']"^^^.^^^^ surtout celle qui est clandestine, doit faire 1 objet dune ^rldnance atUve, discrète, à Peffet f viter 1^ cnme^ les accidents, les catastrophes qui désolent 1 humamté et

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affaiblissent la patrie. Rien d'utopiqueen un tel programme. Un conseil opportun aux futures mères, aux unes que la misère accable, aux autres que le désespoir affole, a pour résultat de les soustraire à des défaillances criminelles, de leur rendre l'espoir et le courage, de les prémunir contre des imprudences funestes, de les acheminer vers des solutions d'aide et de repos, bref de leur préparer des relevailles sûres et heureuses.

La loi, encore imparfaite, tend à associer les initiatives libres à l'action légale. Des visites à domicile sont instituées pour la surveillance hygiénique des bébés et la \ailgarisation de l'hygiène infantile. Des moniteurs, des monitrices d'hygiène, appartenant au Bureau d'assistance, ou bien relevant d'une œuvre d'assistance ou d'une mutualité maternelle, ont pour mandat de visiter les foyers et de protéger les berceaux. Une telle disposition, le jour où elle sera partout entrée en vigueur, fera surgir l'accord désirable entre les services d'hygiène et les institutions d'assistance publique et privée. Les enfants ne meurent pas seulement de gastro-entérite, pour cause d'alimentation vicieuse, ils succombent pour d'autres causes. L'athrepsie les atteint, la tuberculose les frappe. L'insalubrité de l'habitation n'est pas étrangère à ces méfaits. Il n'est pas possible d'apporter à une jeune mère un subside de convalescence maternelle, un secours d'allaitement, sans que le visiteur jette un regard sur les conditions de logement. Les facteurs du mal se rejoignent et s'enchevêtrent. La disparition de l'un d'eux ne suffit pas à donner la sécurité : un particularisme bienfaisant serait impuissant à dissiper tous les périls, si l'association pour le bien n'allait pas jusqu'au bout de sa tâche.

On voit ainsi se dégager, à la lumière des faits et de l'expérience la plus douloureuse, les principes de cette nouvelle hygiène sociale, qui englobe et réunit, pour une action commune et concertée, tous les efforts de protection sanitaire, éducatrice, philanthropique, mutualiste. La chaîne d'union va de la sauvegarde des nourrissons à l'habitation à bon marché, avec des chaînons intermédiaires, sans qu'aucune cloison étanche vienne séparer l'hygiène de l'assistance, la prévoyance de l'enseignement.

Dès l'école, cette pénétration s'opère, par l'inspection médicale, l'éducation physique, la colonie de vacances, la cantine scolaire, le Patronage, la Mutualité scolaire, l'association d'anciens et d'anciennes élèves. Les œuvres périscolaires forment un assemblage hétérogène en apparence, harmonieux en réalité; elles suivent d'ailleurs, en les coml plétant, en les prolongeant, les œuvres inaugurales d'éducation des mères qui sont au frontispice de l'organisation rationnelle du protectorat populaire. Michelet a magnifiquement célébré la force et la beauté du peuple. Le livre d'or de la guerre actuelle a mis de nouveaux lauriers sur cette démocratie française, qui, sans distinction de rang, déclasse, s'honore devant le monde et devant l'histoire par des prodiges continus de patriotisme et d'héroïsme.

On a commencé, on continuera de plus en plus, dans notre France victorieuse, à mettre ce peuple, dans ses parties les plus faibles et les couches les plus déshéritées, à l'abri des misères physiques et morales, en venant à lui, en se rapprochant de lui, en multipliant pour lui les points d'appui, les avant-postes d'aide sociale et de protection sanitaire.

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