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LA BIENFAISANCE PRIVÉE

Au premier rang des associations bienfaisantes se place, par son ancienneté, la Société philanthropique, dont les asiles de nuit, les dispensaires d'enfants, les fourneaux économiques, les habitations à bon marché, les hôtels meublés, pour ne parler que des branches principales, forment un ensemble imposant. La première enfance et la maternité ont naturellement fourni le contingent le plus nombreux d 'œuvres diverses et variées, dont la doyenne est sans contredit la Société de Charité maternelle. Il n'est peutêtre pas de terrain sur lequel le développement de la bienfaisance ait été aussi merveilleux depuis un certain nombre d'années, depuis surtout que les règles de la puériculture ont été mieux connues et que la nécessité d'une coopération à l'effort public de protection maternelle et infantile est apparue avec plus de force. On peut dire que, dans cet ordre d'idées, la bienfaisance française a été sans rivale par l'élan qu'elle a déployé et l'ingéniosité dont elle a fait preuve.

La France charitable et prévoyante^ Paris charitable et

l'assistance. 415

prévoyant, les publications de l'Office Central des œuvres de bienfaisance de Paris, donnent le tableau complet des œuvres et institutions de la France et du département de la Seine, avec des notices sur 4 297 œuvres parisiennes et sur 401 10 œuvres françaises. Ces chiffres ne sont qu'approximatifs, bien en deçà du glorieux bilan de la philanthropie nationale ! Il y aurait une impossibilité matérielle à faire un recensement exact de ces milliers d'œuvres, d'iraportance inégale, dont quelques-unes ont une forte organisation et sont de véritables administrations privées. Aucune statistique n'est susceptible de mesurer les bienfaits de ces associations et institutions, dont le nombre grandit chaque année, grâce aux suggestions les plus ingénieuses de la science.

Les visites si instructives de la Société internationale pour l'étude des questions d'assistance, périodiquement publiées par La Revue Philanthropique, les enquêtes de V Office central des œuvres de bienfaisance de Paris, les rapports de la classe 112 aux différentes expositions internationales font la pleine lumière sur ce que Ferdinand Dreyfus, dans sa préface au rapport du Jury international de Bruxelles, appelait si justement « l'ingéniosité féconde et raisonnée de ceux qui cherchent à soulager l'humanité malheureuse ».

A défaut d'hommage particulier rendu à chacune de ces innombrables œuvres, nous ne pouvons que signaler leurs caractéristiques. Une double évolution s'est accomplie depuis une vingtaine d'années : d'une part, la spécialisation des œuvres a été poussée plus avant, avec des variantes inédites ; d'autre part la concentration s'est réalisée pour les différentes catégories et aussi pour l'ensemble des efforts bienfaisants. C'est ainsi que s'est constituée, pour la protection de l'enfance, dès 1902, notre Ligue contre la mortalité infantile, à laquelle de grands disparus, Théophile Roussel et Pierre Budin, ont prêté leur concours et attaché leurs noms. L'assistance par le travail a eu son centre d'action et a fini par se relier à la Société internationale pour l'étude des questions d'assistance. Des unions d'œuvres se sont formées pour le secours à domicile, et la guerre nous

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a surpris au milieu de préparatifs dont il était permis d'attendre des résultats considérables.

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