A. VIGER
Après les douloureux événements de 1870-71, la France comprit qu'une seule pensée devait l'animer : celle du relèvement de la Patrie par le Travail dans l'ordre et le Progrès.
Notre République entreprit donc avec méthode cette œuvre qui consistait, après avoir reçu la France sortant pantelante et mutilée des mains du Césarisme, à panser ses blessures et à lui rendre cette confiance en elle-même qui devait être la meilleure garantie de son indépendance et de son avenir.
Nous nous proposons d'exposer ici ce qui a été accompli dans le domaine agricole depuis cette époque jusqu'à la veille de la guerre actuelle. Nous sommes avant tout un pays agricole, la mise en valeur de notre sol est notre principale richesse, elle est la source de notre prospérité, la garantie de notre bien-être, la condition suprême de notre existence nationale. Ce qui fait la force et la grandeur de notre patrie, c'est qu'il n'est pas une seule parcelle de sa terre que le Français ne cherche à acquérir pour la fertiliser par son travail afin d'en tirer profit. Nous sommes surtout des cultivateurs. Il ne faut pas oublier, en effet, que sur une superficie de plus de 52 millions d'hectares, le territoire agricole de la France comprend 50 millions d'hectares
exploités et cultivés par plus de 7 millions de travailleurs et que la superficie des terres labourables dépasse 27 millions d hectares.
Une des premières conditions à remplir par le législateur pour améliorer la productivité de cette immense étendue de territoire consacrée à la culture, lui parut être de doter tout d'abord le cultivateur dénotions théoriques et pratiques destinées à lui faciliter l'exercice de son utile profession. De ce point de vue est venue la transformation complète de 1 enseignement agricole depuis 1872.