Séance du 30 mars
« une politique nationale, un pouvoir national défendant, non pas ses propres millions, mais les forces vives et la richesse du pays 1 ». — Rentré à la Chambre, il précisa ses vues sur la question sociale en présentant un contre-projet de loi sur les accidents du travail. Anti-individualiste et réformiste, il n’était à aucun degré socialiste, et combattait la doctrine, dès lors menaçante, de l’État-Providence et de l’assurance obligatoire. Ennemi d'un monde où « l’homme n’est plus qu’un colis qu’on transporte du berceau à la tombe », il entendait que les salariés redevinssent des hommes libres, qu’ils pussent accéder à la propriété, et que la loi n’abolît pas en eux ce principe de justice que « la faute de chacun entraîne une responsabilité ». Pour résoudre la question sociale, enfin, il souhaitait simplement « que s’établît en ce pays une véritable émulation pour venir en aide aux ouvriers et qu’on adoptât « franchement et largement » la liberté d’association -.
Vers la fin de sa vie, il voulut dire à « ses amis » les ouvriers, dont le sort l'avait toujours préoccupé, comment « ils pouvaient parvenir à l’indépendance et au bonheur », et il écrivit L'Ouvrier Libre 3. — Il y analysait la misère matérielle et la misère morale de l’ouvrier moderne ; l’impuissance de la richesse, de la science et des formules politiques à guérir cette misère. Il étudiait la loi divine du travail ; rappelait les ruines populaires accumulées par le Protestantisme et la Révolution ; opposait au travail servile le travail libre et à la solution socialiste — qui, « en niant la propriété individuelle, renverse par la base le dernier rempart qui abrite la liberté humaine », — la solution chrétienne, seule capable de réaliser la liberté par la victoire de la loi morale, l’égalité dans la vertu et la fraternité dans l’association. Il montrait comment la « peur du cléricalisme » conduisait « à l’abrutissement et à la servitude ». Il traçait leurs devoirs aux jeunes prêtres, dispensateurs d’une vérité « toute-pui,ssante connue aux premiers jours et n’ayant d’autres limites à son action que celle de leur amour pour elle » ; aux jeunes gens que le sort de l’ouvrier