‹ Un Demi-Siècle de Défense Nationale et ReligieuseChapitre 112 sur 189 · Slowe House, Buckingham, 19 octobre · texte numérisé non relu

Slowe House, Buckingham, 19 octobre

Il n’est plus permis d’attendre le réveil de la France et le retour de la Monarchie du jeu normal et pacifique de nos institutions.. La France se demande qui pourrait lui rendre sa grandeur perdue et sa sécurité compromise. Instinctivement, ses regards se tournent vers l’armée qui reste la portion la plus saine et la plus vigoureuse du pays. C’est de l’armée qu’elle attend son salut. C’est donc à l’armée qu’il faut parler ; c’est avec elle qu’il importe de se mettre en rapport. Monseigneur a écrit beaucoup de lettres parlementaires ; il ne serait pas inutile d’écrire quelques lettres militaires..., d’avoir l’œil sur ses chefs... Que l’armée et le pays sachent, à n’en pas douter, que Monseigneur est lui-même un soldat, que le jour où les destinées de la France se joueront en dedans ou au dehors, Monseigneur et les siens sont décidés à prendre de gré ou de force leur place dans le rang, et à risquer leur vie pour le salut du pays... Au guerrier, on pardonne d’être religieux, de croire à Dieu, de le respecter et de le faire respecter. Nous ne verrons pas nos affaires rétablies par un parlement chrétien. Elles peuvent l’être par un guerrier chrétien. »

Le 8 septembre, le Prince mourait.

Le Duc d’Orléans appelait aussitôt 1 Émile Relier à faire partie de son « Comité consultatif », et l’ancien député le remerciait de la place qu’il tenait ainsi à donner à l’Alsace, dont la perte avait laissé la France « mutilée et déshonorée ».

Les élections, ajoutait Relier, seraient de plus en plus mauvaises. Au lieu de chercher à faire passer de nombreux candidats, mieux valait se borner à avoir au Parlement une demidouzaine d’orateurs militants, prêts à intervenir dans toutes les discussions. La France espérait son salut, non de principes qu’elle ignorait, mais d’un homme capable de se mettre à la tète des honnêtes gens et résolu à jouer sa vie pour triompher.

Au point de vue politique, il persistait à voir, sous cette forme d’action violente, le seul moyen de résoudre la question sociale, dont l’importance n’a pas diminué ; la question militaire, prête à soulever de si effroyables tempêtes ; le problème de la revanche qui ne se dénouerait, vingt ans plus tard, que par la guerre mondiale ; la question religieuse aussi. En ce qui concerne celle-ci, il estimait d’ailleurs qu'il fallait, au sein même de la République, grouper pour la défense de l’Église toutes les énergies de la France chrétienne.

Page 1