Récil d'Emile Relier daté du 30 juin
à 4 heures du matin, le vieux sénateur Kolb-Bernard. A 4 h. 1 /2, la police enfonce la porte, parcourt les cellules, et à mesure qu’un religieux est appréhendé, un sénateur, un député lui offre le bras et le conduit à son nouveau domicile. « Les sergents de ville avaient les larmes aux yeux ; les femmes se mettaient à genoux et demandaient la bénédiction des proscrits ; les hommes leur serraient la main et criaient : Vivent les Jésuites ! au milieu de rares cris de : Vive la République ! En somme, la population s’est très bien montrée. » De Lupé ayant « trouvé le moyen » de se faire arrêter, Émile Keller alla le rechercher au commissariat. — « Quelles que fussent leurs croyances particulières, a écrit plus tard le préfet de police qui présidait du dehors à cette exécution, ce n’était pas pour de pareilles besognes que tant de vieux soldats avaient revêtu l’uniforme des gardiens de la paix h »
L’application des Décrets aux autres congrégations gênait cependant beaucoup le Gouvernement. Jules Grévy et de Freycinet, président du Conseil, désiraient éviter les mesures extrêmes et « faire machine en arrière ». Au milieu de juin, de Freycinet déclara à Mgr Lavigerie que si les Congrégations attestaient n’avoir, dans leur résistance, aucune arrière-pensée politique, il ferait en sorte de retarder l’exécution du décret jusqu’au vote de la loi Dufaure sur les associations : l’archevêque d'Alger, qui revenait de Rome et en rapportait le désir de Léon XIII de sauver « au moins les autres congrégations », soumit au Président du Conseil une note affirmant que les ordres religieux n’avaient « aucune pensée d’opposition contre le gouvernement de la République » -. M. de Freycinet accepta la note : le Nonce, Msr Czacki, affirma que « Sa Sainteté y était favorable » ; mais le cardinal Guibert, consulté par les Supérieurs, leur fit savoir que « l'honneur en France étant une grande chose, on ne comprendrait pas leur adhésion à la lettre de M>'r Lavigerie, après la démission en leur faveur de tant de magistrats ». M. de Freycinet, toutefois, poursuivit ses négociations avec Rome ; le 21 août, Léon XIII écrivit au cardinal