Voir Lecanuet, op. cit., p
de Bonnechose qu’ « il approuvait la conciliation », el le Nonce remit aux cardinaux Guibert et de Bonnechose, avec ordre de la transmettre aux évêques de France, la déclaration par laquelle les Supérieurs des Congrégations non autorisées afïirmaient au ministre des Cultes, « pour faire cesser tout malentendu », « leur respect et leur soumission à l’égard des institutions du pays » ; « ils nourrissaient l’espoir que le Gouvernement accueillerait avec bienveillance les déclarations sincères et loyales ». « Le sens de ce document, — écrivaient en même temps aux évêques les deux cardinaux, — est connu à l’avance de ceux à qui il doit être adressé et tout nous fait espérer qu’il les affermira dans les dispositions bienveillantes qui paraissent les animer en ce moment ».
Ce fut pour Émile Keller, alors à Saint-Nicolas, et pour ses amis, la plus douloureuse des surprises :
« A mon sens, — écrivit confidentiellement le 31 août le baron de Mackau à Keller, Chesnelong et de Mun, — les Congrégations parmi lesquelles un certain nombre de Supérieurs ont commencé par refuser de signer, vont être forcées de faire un acte où elles laisseront sans profit quelque chose de leur dignité ; à la rentrée des Chambres, les exigences seront tout aussi grandes et le ministère les abandonnera tranquillement à leur sort. » Et dans une autre lettre : « Personne ici ne me paraît conserver la moindre illusion sur le cas que l’on doit faire des promesses ou même des intentions plus ou moins pacifiques de nos ministres. »
« Comment des hommes aussi intelligents, se demandait le rédacteur en chef du Monde ‘, ont-ils pu se persuader qu’en négociant avec Freycinet, ils négociaient avec quelqu’un ?... Comment ont-ils pu sacrifier la dignité de l’Église et celle des ordres religieux en s’exposant à rompre le faisceau de courages et de fermes résolutions qu'on avait pris tant de peine à former ?... 11 faut considérer cette unité comme perdue. »
« La douleur dans l’âme », M. Raboisson donnait des nouvelles « authentiques » de la réunion des Supérieurs à l’archevêché : MBr Richard, coadjuteur, leur avait affirmé qu’il fallait « s’incliner devant la volonté suprême du Chef de l’Église », volonté exprimée par une note de son Secrétaire d’État, le cardinal Nina, et la part que les religieux avaient prise à l'acte imposé était « absolument passive et douloureuse ».