‹ Un Demi-Siècle de Défense Nationale et ReligieuseChapitre 119 sur 189 · M. Raboisson. lettres des 1 et 2 septembre · texte numérisé non relu

M. Raboisson. lettres des 1 et 2 septembre

EMILE KELLEB

Le comte Albert de Mun témoignait autant d’admiration que d’amitié pour Émile Keller : il le considérait comme « la pierre angulaire » de son Conseil des Études, et il se tournait souvent vers lui pour lui demander « d’éclairer sa route » 1. Le 2 septembre 1880, il lui fit de son côté l’historique de la Déclaration dans une très longue lettre dont il est utile — au point de vue général — de citer ici quelques lignes :

« Le texte du discours de Montauban 2 a été communiqué au Saint-Père par M. Desprez, avant qu’il ne fût prononcé : c’est ce qui a motivé la suppression dans l’allocution consistoriale du passage relatif à la France. Le texte de la Déclaration a été concerté entre les cardinaux [Guibert et de Bonnechose]; de Rome est alors arrivée l’approbation qui autorise la lettre des cardinaux. On s’est aussitôt mis à l’œuvre : les évêques ont été avisés et on a commencé les démarches près de quelques congrégations. Le P. Pététot, dont vous connaissez le grand âge 3, a été un des premiers sollicité par le cardinal Guibert et l’abbé d’Hulst qui, je le crois, a pris une grande part à la négociation... Il a aussitôt signé : on a, en même temps, obtenu quelques signatures de femmes... Puis on a abordé les autres avec ce précédent... Le cardinal de Paris a mandé les Supérieurs présents à Paris et non Jésuites, vendredi ou samedi dernier. Le P. Boulanger n’a été prévenu qu’ avant-hier ... Peu de Supérieurs se sont rendus chez le cardinal. L’entretien a été pénible : un des religieux s’est levé et a dit : « On nous « demande de signer que nous respectons les institutions « actuelles ; mais les respectons-nous vraiment et, si non, pou- « vons-nous mentir ?... » ... Les négociations ont été menées si rapidement que le cardinal Caverot n’a été avisé qu’en même temps que tous les autres évêques... Je sais pertinemment que les Supérieurs des Congrégations présents à Paris, tout en appréciant diversement la Déclaration en elle-même et quant au fond, ont été indignés à la pensée de séparer leur cause, dans

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