‹ Un Demi-Siècle de Défense Nationale et ReligieuseChapitre 120 sur 189 · Lettre à Emile Keller du 16 septembre · texte numérisé non relu

Lettre à Emile Keller du 16 septembre

2. Discours du 20 août dans lequel M. de Freycinet disait : « Nous avons dissous la Compagnie de Jésus. Quant aux autres Congrégations, nous nous réglerons à leur égard sur les nécessités que fera naître leur attitude. »

3 Le P. Pététot, Supérieur de l'Oratoire, avait présidé le Comité des Supérieurs d Ordres réunis rue du Regard. Il écrivit lui-même à Emile Keller : « Il est vrai qu'il se fait en ce moment quelque chose de nouveau. On l’a jugé utile et il y a des motifs pour le croire... Il ne s'agit de rien qui ne soit un désaveu de notre passé ni un abandon du terrain oii les religieux se sont placés dès l’abord... Du reste, nous avons toutes les approbations désirables, mais ce n’est pas nous qui avons eu la pensée de cette démarche. »

un tel moment, de celle des Jésuites. Il y a eu hier 1 2 3 une réunion : c’est le sentiment qui a dominé tout l’entretien. On a envoyé une députation de trois Pères au cardinal Guibert pour l’exprimer et le prier de le transmettre au cardinal Nina ; on l’a fait exprimer en même temps par une autre délégation aux Jésuites eux-mêmes. Il est certain que la plus légère pression aurait pu empêcher les signatures. Les Jésuites ont été parfaits, et, à tous les Supérieurs qui les ont consultés, les larmes aux yeux, ils ont supplié qu’on jugeât en ne s’inspirant que du bien et sans songer à eux... L’attitude du Nonce, dans ces trois jours, a été, à mon avis, regrettable ; il avait évidemment l'ordre de défendre la mesure ; soit qu’il fût très irrité de ce que l'initiative en fût venue des deux cardinaux et non de lui-même, soit qu’il eût tout autre cause de mécontentement, il s’est montré très vif et a soutenu la nécessité de la Déclaration, son opportunité, son efficacité, dans des termes d’une impatience singulière, s’emportant contre le mauvais esprit des catholiques, accusant avec une légèreté inouïe, et contre toute vérité, les Jésuites de vouloir sacrifier tout pour eux, et de tout faire pour empêcher les signatures... Il a été ainsi avec moi ; il l'a été, je le sais, avec d’autres. Mackau l'a vu et lui a dit ce qu’il pensait ; Lamy y est allé aussi et il paraît qu’il était très animé contre la Déclaration... J'ai exprimé ma douleur et ma surprise. Mes arguments principaux ont été ceux-ci : la déclaration est une rupture de l’union, une transaction conclue au lendemain de l’exécution des Jésuites, une acceptation du fait accompli, une sorte de capitulation. Elle jettera par là le désordre dans l’armée catholique, le découragement dans beaucoup de cœurs et particulièrement chez ceux - qui ont sacrifié à la cause leur carrière et leur avenir. Enfin, elle fera tout ce mal sans profit sérieux : elle n’emporte aucun engagement de la part du Gouvernement ; M. de Freycinet n’a pris à Montauban que celui de présenter une loi sur les associations que tous les organes de la gauche disent devoir être faite à l'exclusion des Congrégations... Le Nonce n’a opposé à mes observations que des plaintes, des récriminations et des accusations injustes... Ne pensez-vous pas qu’il serait bon de l’éclairer ?... Il serait bien désirable que vous prissiez cette initiative. J’écris dans le même sens à Chesnelong A mon sens, toute cette campagne n’a d’autre but que de préparer le terrain électoral. 11 est déplorable, ce me semble, que

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