‹ Un Demi-Siècle de Défense Nationale et ReligieuseChapitre 121 sur 189 · Près de 400 magistrats · texte numérisé non relu

Près de 400 magistrats

3. « La parole du ministre, écrivait Chesnelong à de Mackau le 1«' septembre, ne vaut que ce que valent sa sincérité et son pouvoir. Or, je ne crois ni à l'une ni à l’autre. »

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les évêques se prêtent à cette manœuvre au prix de si douloureux sacrifices ».

Les renseignements donnés d’Orthez par Chesnelong (le 21 août) sur la foi « d’un de ses amis », étaient moins défavorables au Nonce : c’était l’auditeur de Rote qui, vers la lin de juillet, s’était « beaucoup agité » pour lancer l’acte de soumission au régime actuel » et amener les hommes politiques à « faire parvenir à Rome des idées de transaction avec le pouvoir, dussent-ils passer par-dessus la tête du Nonce »; l’auditeur affirmait qu’on pouvait avoir confiance en M. de Freycinet, qu’il fallait l’aider à « limiter les mesures rigoureuses aux Jésuites », et « il tenait ces propos jusque dans l’antichambre du Nonce ».

« J’étais peu inquiet, disait Chesnelong ; le langage même de l’auditeur me faisait croire que le Nonce n’était pas dans ses vues... Que sortira-t-il de là ?... L’unité de sentiments sera rompue... Il y aura de sourds mécontentements, des ferments de division, ici de la faiblesse, là du découragement, ailleurs une irritation mal contenue... Quelle issue à une campagne menée avec tant d’éclat ! Quant à nous, bien qu’il ne s’agisse pas d’une de ces choses où les appréciations ne sont pas libres et où la soumission fait partie de la foi, nous ne pouvons, par respect, rien blâmer ni rien désavouer. »

Dans la suite, ce dernier sentiment s’accentua encore chez l’excellent chrétien qu’était le sénateur d’Orthez : « La tristesse résignée est le seul sentiment qui convienne à notre respect, écrivait-il à Keller le 7 septembre ; après que le Pape a au moins autorisé, le silence est commandé aux catholiques qui n’approuvent pas du fond de leur cœur. » Il ajoutait, très confidentiellement, qu’il était résolu à aller à Rome, en novembre, incognito, avec Keller seul, pour y « recueillir des directions et des lumières, et aussi apporter des informations ».

La réponse d’Émile Keller à Chesnelong 1 refléta le même respect pour le Saint-Siège, et les mêmes craintes :

« Je suis bien d’avis, comme vous, que toute manifestation collective et bruyante serait aussi fâcheuse que déplacée. Les

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