Fils de Pierre Relier, marié à MUo Camille Simon
LE MARIAGE 45
la marche ; lui rendra la parole difficile, l’accablera de malaises indéfinissables et de cruelles souffrances.
Au cours de cette longue agonie, ni son intelligence, ni sa volonté, ni son cœur ne fléchiront. Tant que sa main pourra tenir une aiguille, elle brodera des nappes d’autel, son ouvrage de prédilection. Elle dictera des lettres à ceux qu’elle aimait. Elle sera toujours aimable et souriante pour ceux qui viendront la visiter, et elle s’occupera des autres plus que d’ellemême. — « Une de ses plus grandes préoccupations, rapportera sa sainte tille Élisabeth, était la crainte de ne pas se livrer assez pleinement au martyre qu’il lui fallait endurer physiquement et moralement. Chaque fois que je la voyais, elle me demandait de lui obtenir des grâces de patience et d’abandon. Pauvre sainte mère, elle était tellement habituée à entendre toutes les cordes de sa lyre répondre un amen empressé à l’attouchement divin, qu’elle avait peur que cet amen ne fût troublé par les simples frémissements de la nature. »
Le 18 octobre 1899, sa main défaillante traça ces derniers mots : « Un soleil superbe inonde ma chambre et éloigne les nuages de mon esprit. Je sens toute la joie, toutes les grâces dont Dieu m’a entourée et je le remercie de tout cœur. » Elle venait d’aller à Roanne assister aux derniers jours de son angélique Petite-Sœur des Pauvres, Marguerite h Quelques mois après, c’était au tour de Cécile à s’envoler au ciel1 2 3 ; sa mère avait encore à mériter, durant sept années, « les grâces qui font les saints a ».
En 1903, elle ne peut plus se rendre à Grenoble pour assister au mariage de son fils François avec Mademoiselle Thérèse de Beylié ; ni même, en 1900, à Saint-Philippe du Roule, où sa peli te-fille Marie épouse M. Paul IJérissey. Sa voix est morte. Les étouffements qui se succèdent ne font plus de sa vie qu’une perpétuelle angoisse. A Saint-Nicolas, où elle va encore à grand’peine, elle avait placé aux premiers temps de son mariage