Compte rendu écrit de la main d’Emile Keller
2. Compte rendu écrit par M. Jean Keller. Dans la Campagne monarchique. Cli. Chesnelong a donné une version analogue du même entretien.
3. Lettre écrite par M. Prosper Keller immédiatement après l'audience pontificale.
ÉMILE IvELLER
nelong alla à son tour à Rome, et Léon XIII lui demanda s’il n y avait rien à faire avec le général : « Absolument rien, répondit le sénateur qui partageait les convictions de son ami Keller. — En ce cas, observa le Pape, que le Comte de Paris soit téméraire, mais qu'il tire la France de la situation où elle périt b »
L’attitude de Mb’r Lavigerie avait été la même jadis, à l’époque où Émile Keller se tenait encore — dans ses proclamations électorales et ses discours parlementaires — sur le « terrain constitutionnel ». Ardent royaliste, le futur cardinal avait pressé le Comte de Paris d’en finir avec la République, fût-ce par un coup d’État dont il avait lui-même tracé le plan 1 2. Depuis, ses opinions sur ce qu’il jugeait opportun avaient suivi une évolution inverse de celles d’Émile Keller. En 1885, il avait, d'accord avec le Vatican, lancé de Carthage une sorte de manifeste qui détournait le clergé des luttes électorales et appelait tous les catholiques à s’unir sur le terrain de la défense religieuse, de la justice et de la liberté. Bon terrain, d’ailleurs, que le Comte de Paris avait approuvé 3, et aussi Émile Keller, car ce dernier comptait 4 parmi les Treize principaux députés catholiques signataires d’un appel établi sur les mêmes principes. A la fin de la même année, M>r Lavigerie avait, par mandement spécial, commenté l’Encyclique Immortale Dei, dans laquelle Léon XIII précisait les rapports de l’Église et de l’État, rappelait les devoirs et les droits de la puissance civile, affirmait que « dire que l’Église voit d’un mauvais œil les formes les plus modernes des systèmes politiques est une calomnie vaine et sans fondement », et reconnaissait que « s’il s’agit de questions purement politiques, du meilleur genre de gouvernement, de tel ou tel système d’administration civile, des divergences honnêtes sont permises ». Cette admirable Encyclique n’imposait certes pas la République aux catholiques, et il nous paraît par conséquent exagéré de prétendre