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honneur, et si je ne le fais pas pendant ma vie, je laisserai les moyens de le faire après ma mort l. »
C’est en invoquant formellement la volonté de Léon XIII que le cardinal avait essayé d’entraîner celle d’Émile Relier. C’est donc auprès de Léon XIII que le comte romain devait maintenant se justifier. — « J’y étais du reste fort encouragé, note-t-il, par le Nonce, Msr Rotelli, qui voyait avec effroi, je dirai même avec indignation la voie dans laquelle on cherchait à engager Léon XIII. » — Il le fitsans tarder, le 7 février 1891, dans une lettre où il traitait dans son ensemble toute la question du Ralliement. Bien que ce mémoire reprenne les arguments déjà opposés à l’archevêque d’Alger, et malgré sa longueur, il est utile de le reproduire tout entier, car il achève d’éclairer la pensée d’Émile Relier et celle de tous les catholiques éminents qui imitèrent sa conduite. Sans sortir du domaine des faits politiques qu’il connaissait aussi bien que le Primat d’Afrique, et sur lequel il avait, lui, chef laïque, le droit incontestable de se tenir, il analysait l’état de l’opinion, les dangers et l’inutilité pratique du Ralliement imposé par l’autorité religieuse, les résultats jadis obtenus avec le concours des « anciens partis », et les moyens que pouvait employer le clergé pour réaliser Y « union plus intime » des catholiques :
« Très Saint-Père,
« Les marques de bonté et de confiance dont Votre Sainteté m’a récemment honoré et mon dévouement sans bornes à l’Église et au Saint-Siège, me font un devoir de vous demander respectueusement l’autorisation de vous exposer quelle est à l’heure présente l’orientation politique et religieuse de la France, dans quel sens tend à se diriger l’opinion publique et comment peut se faire l’union si désirable de tous les catholiques pour la défense de leur liberté.
« Placé momentanément en dehors du Parlement, je ne mets aucune pensée, aucune affection, aucune préoccupation personnelle au-dessus de l’intérêt supérieur de l’Église et de la France, auquel je suis prêt à tout sacrifier.
« J’ajoute que je me garderai d’entrer dans le domaine des principes et de la doctrine et que je resterai dans le domaine des faits qu’un laïque peut constater et apprécier, et qu’il a le devoir de faire connaître au Père commun des fidèles.