‹ Un Demi-Siècle de Défense Nationale et ReligieuseChapitre 137 sur 189 · KELLER ET CHESNELONG · texte numérisé non relu

KELLER ET CHESNELONG

SOMMAIRE

L'archevêque de Paris désire grouper tous les catholiques sur le seul terrain de la défense religieuse : en mars 1891 il donné pour cela « mission » à Keller et à Chesnelong. — La vingtième Assemblée Générale des Catholiques de France : après approbation du Saint-Père, V Union de la France chrétienne est constituée (mai 1891). — Appui de 1 Episcopat.

Manifeste des Cinq cardinaux (22 janvier 1892) : les catholiques sont invités à « l'acceptation franche et loyale des institutions politiques ». — Inquiétudes de Keller et de Chesnelong. — Le Saint-Siège précise la nouvelle orientation. — Vingt et unième Assemblée des Catholiques : le cardinal Rampolla indique le « terrain constitutionnel ». — Dissolution de 1 Union de la France chrétienne (mai 1892). — Le Comité catholique de Défense religieuse subsiste

Controverse entre le cardinal Penaud et Emile Keller. — Réflexions sur l'attitude de l’Episcopat. — Efforts persévérants du Comité catholique : Assemblée générale de 1893. — Fête de Jeanne d'Arc(1894). — Insistances du cardinal Richard. — Correspondance entre Keller et Chesnelong. — Lettre de Keller à l'archevêque de Lyon (189(1). — Le Congrès catholique républicain de Reims (1897) : découragement apparent de Keller.

A la fin de 1897, Keller veut redonner « une direction » aux catholiques « décapités et dispersés ». — Etude sur les Elections de 181)8 : son retentissement. — Reprise du programme de l'Union de la France chrétienne. — Lettre à Léon XIII. — Nombreuses adhésions. — Chesnelong approuve F « acte public » de son ami intime.

La politique du Ralliement continue : « chagrin » de Keller. — Le Congrès catholique républicain de Paris (1898). — Le concours « perfide » des ralliés est repoussé par la Gauche, et Rrisson succède à M. Méline. — Epoque de l’affaire Dreyfus. — Keller croit le Pape mal renseigné. — Mort de Chesnelong (juillet 1899).

Après avoir hésité 1 2 à confirmer le mot d’ordre lancé par le Toast d’Alger, Léon XIII avait adressé an cardinal Lavigerie, le 9 février 1891, un bref qui paraissait ne plus laisser de doute : « Tout ce qu’a fait Votre Éminence, déclarait le Pape, répond parfaitement aux besoins du temps... »

L’archevêque de Paris, pourtant, n’estimait pas que les catholiques royalistes dussent renier leur foi politique, et le 2 mars 1891, dans sa Réponse ù d'éminents catholiques qui nous ont consulté sur leur devoir social dans les circonstances actuelles, il rappela seulement que « l’Église ne condamnait aucune des formes diverses de gouvernement, de même qu’elle ne s’asservissait à aucun parti ». « La question est plus haute que toutes les questions politiques, ajoutait-il ; il s’agit de savoir si la France restera chrétienne... Apportons un loyal concours aux affaires publiques, mais demandons que les sectes antichrétiennes n’aient pas la prétention de faire d’un ensemble de lois anti-religieuses la constitution de la République. » La formule, très habile, n’en était pas moins excellente : la plupart des évêques y adhérèrent, et le groupe Chesnelong-Keller accepta le large terrain qu’elle offrait.

En l’absence de Chesnelong, le cardinal Richard, de son propre mouvement, fit appeler Émile Keller et lui demanda, comme un grand service, d’organiser les forces catholiques. Ils dressèrent ensemble la liste des notabilités qui seraient groupées sous la haute direction de l’archevêque de Paris. L’accord fut facile, « sauf pour deux ou trois catholiques républicains, entre autres M. Lamy, que MBr Richard voulait absolument exclure et que nous tenions au contraire à convoquer, note Keller, pour bien marquer notre intention de réunir dans une action commune toutes les nuances politiques »

On ne pouvait plus, comme dans l’ancienne Union Conservatrice, se borner à ne grouper sur le terrain religieux que des royalistes et des bonapartistes. Il fallait ouvrir les rangs aux

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