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Article du Correspondant sur Chesnelong, 10 aoilt

ÉMILE KELLER

Loubet et Ricard à Charles Martel, à Pépin le Bref et à Charlemagne. C’est vraiment un peu fort, et le cardinal Lavigerie n’a pas été aussi loin K » Il en écrivit aussi au futur cardinal lui-même qui le remercia, le 19 mai, de sa franchise, lui adressa la lettre élogieuse 2 3 du Pape concernant ses Quelques réflexions, et expliqua ainsi son attitude politique :

« ...Je n’avais pas à juger les motifs pour lesquels le Chef de l’Église catholique croyait devoir intervenir dans les affaires françaises. D’ailleurs, cette Encyclique ne renfermait à aucun degré une définition dogmatique quelconque préconisant le régime politique républicain au détriment des autres formes de gouvernement. Elle est essentiellement une consultation et une direction pratique inspirée par le désir de concentrer toutes les forces intellectuelles, morales, sociales d’un pays catholique sur la nécessité de préserver la religion des attentats de l’incrédulité politique... L’approbation de Léon XIII devrait aider les serviteurs dévoués de l’idée monarchique à comprendre l’acte du Pape et à s’y soumettre. »

Mais Émile Keller trouvait ces raisonnements et ces exhortations aussi peu logiques que ceux de Msr Turinaz, évêque de Nancy, lui expliquant 1 qu’il ne s’agissait pas d 'adhésion à la République, mais de soumission au Gouvernement établi ; que « ce qui serait désastreux pour les espérances politiques des royalistes, pour la France et pour l’Église, ce serait leur résistance à V Encyclique , leur abstention dans la lutte pour les libertés catholiques et dans les élections ». Émile Keller n’avait aucune envie de se dérober à un tel combat ; et si les catholiques conservaient le droit de rester royalistes, il ne comprenait pas comment on pouvait, en même temps, les obliger à admettre la « consigne » républicaine.

En raison des « basses calomnies d’une certaine presse », il jugeait bon d’établir très franchement ce que Chesnelong et lui avaient voulu faire pour maintenir l’union des catholiques sur le seul terrain possible et éviter la désorganisation

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