‹ Un Demi-Siècle de Défense Nationale et ReligieuseChapitre 141 sur 189 · Du 28 avril · texte numérisé non relu

Du 28 avril

3. Lettre du 2 mars 1892. Nous reviendrons sur les relations entre M«r Turinaz et Emile Keller (chapitre xxv).

l’ « UNION DE LA FRANCE CHRÉTIENNE » 341

à laquelle on les condamnait : « Sous ce rapport, nous n’avons rien à cacher, rien à excuser, et si nous avons un tort, c’est de n’avoir peut-être pas parlé assez haut et agi assez énergiquement pour prévenir le mal qui se fait aujourd’hui » h Ce mal, il en notait les progrès avec effroi, et il ne le voyait pas seulement dans les partis avancés :

« Quoi de plus triste que les félicitations du cardinal Rampolla aux évêques qui retirent leurs catéchismes électoraux? Quoi de plus pitoyable que l’illumination de la basilique de Montmartre le 14 juillet? Le Monde ayant fait honneur de cette résolution au Comité du Sacré-Cœur, j’ai écrit au cardinal Richard pour décliner toute solidarité dans cette étrange mesure « qui « a pour but de fêter, non la forme du gouvernement, mais la « politique radicale et une des étapes les plus tristes et les plus < honteusement sanglantes de notre histoire... » Je vois comme vous le désastre électoral auquel on nous conduit... Le gouvernement actuel ira d’autant plus vite à la perte qu’il rencontrera moins d’opposition. La Droite le faisait vivre en l’obligeant à faire un bien relatif. Ce qui sera plus long et plus difficile à guérir, ce sont les plaies extérieures de l’Église et du Clergé 1 2 3... »

« Les évêques n’ont nulle envie d’agir... Ceux qui ont le plus désavoué le cardinal Lavigerie sont enclins, après réflexion, à faire un peu comme lui. Les séminaristes sont spécialement visités et hantés par ce nouvel esprit. Les Congrégations seraient aussi charmées de faire la paix... Que ferons-nous au milieu de cette lassitude générale :i? »

Le Comité Catholique travaillait obstinément à la vaincre, et, à l’Assemblée générale de mai 1893, assemblée dont Émile Keller fut l’âme, les Calholiques, se sentant forts de sa force, acclamèrent comme toujours en lui « le grand chrétien, le grand patriote, le champion intrépide et fidèle de toutes les nobles causes, le lutteur éloquent et vaillant dont le courage fut toujours à la hauteur du talent » 4. En avril 1894, c’est lui qui organisa, avec le concours de Charette et de ses zouaves, la fête de Notre-Dame en l’honneur de Jeanne d’Arc, nouvel-

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