‹ Un Demi-Siècle de Défense Nationale et ReligieuseChapitre 142 sur 189 · Chesnelong à Keller. 18 mai · texte numérisé non relu

Chesnelong à Keller. 18 mai

ÉMILE KELLER

lement proclamée Vénérable, et le cardinal Richard le félicita d’avoir « admirablement résumé les joies et les enseignements de cette fête nationale h) .

Le bon cardinal faisait ce qu’il pouvait pour entraîner Chesnelong dans les voies où Léon XIII, lui rapportait-il, « persistait plus que jamais » 2, et il lui recommandait avec insistance de poursuivre la lutte « avec modération et avec prudence » :

« J’ai trouvé le cardinal très confirmé dans le sentiment d’une adhésion plus absolue à la politique pontificale, bien en avant de la formule de la stabilité gouvernementale, très optimiste au point de vue de l’avenir, très préoccupé de cette pensée générale que la résistance ardente a fait son temps, et que c’est moins en luttant qu’en refaisant l’esprit chrétien de la France qu’on arrivera, avec le temps, à une rénovation efficace de notre pauvre pays... Il a été comme toujours très cordial et très affectueux, j’ajouterai même très confiant. »

Chesnelong parlait ensuite du nouveau Président de la République :

« A coup sûr, Casimir-Périer ne sera pas un sauveur : c’est un esprit dépourvu de doctrine et tout bourré de préjugés semirévolutionnaires... C’est un autre Carnot, moins passif et moins inerte, plus autoritaire et plus cassant, mais tout aussi médiocre et inconsistant, et ayant, lui aussi, beaucoup trop sacrifié aux idoles pour remettre Dieu à sa place, et, avec lui, la vérité religieuse et la vérité sociale qui seules peuvent nous sauver. »

« Le fond de tout cela, conclut sévèrement Relier 4, c’est qu’on ne veut plus de résistance, plus de lutte, plus de conflits, et cela avec des adversaires bien résolus à poursuivre la ruine totale de l’Église et de la loi chrétienne. Les lois existantes suffisent et, en les appliquant dix ou vingt ans, les francs-maçons sont sûrs d’arriver sans bruit au but qu’ils poursuivent... Je juge Casimir-Périer exactement comme vous, et sa fameuse entrevue avec Mackau nous dit clairement que nous n’avons rien à attendre, rien à espérer de lui. »

Si le Comité de Défense Religieuse et toutes les œuvres qui en dépendaient continuaient à vivre, une telle atmosphère

1 Cardinal Richard à Emile Keller, 24 avril 1894

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