‹ Un Demi-Siècle de Défense Nationale et ReligieuseChapitre 145 sur 189 · Le ministère Méline · texte numérisé non relu

Le ministère Méline

EMILE IvELLER

socialisme tout en continuant à faire à l’Église, aux Congrégations et spécialement à l’éducation chrétienne, une guerre de tous les instants qui propage le socialisme en préparant son triomphe à venir. Ces hommes, qui sont presque tous francsmaçons, ne se font pas faute, en poursuivant leur plan contre l’Église, d’invoquer pour eux et pour leurs candidats l’immense autorité de la parole du Pape qu’ils prétendent interpréter en leur faveur, et il est à craindre que, trompés par ces promesses fallacieuses, un certain nombre de catholiques ne se séparent de leurs amis et n’assurent le triomphe presque universel des sectaires.

« Déjà en 1893, nos malheureuses divisions ont réduit de 200 à 80 le nombre des députés résolus à défendre les intérêts et les libertés de l’Église. Aujourd’hui le péril est encore plus grand. J’ose espérer que cet effort désintéressé pour rétablir l’union des catholiques et des honnêtes gens sur le terrain religieux et pour les amener à combattre énergiquement les mauvaises lois qui nous oppriment, obtiendra l’approbation de Votre Sainteté. En tous cas, qu’Elle ne doute pas un instant de mon dévouement fdial et de ma profonde vénération h »

Pas plus qu’avant, Émile Keller ne contestait, dans son article, le droit au Ralliement, mais il repoussait la prétention d’en faire un devoir, et d’établir des incompatibilités entre la foi religieuse et des opinions politiques. Avec une mordante ironie, il analysait l’état d’âme « des gens qui avaient cru à Boulanger et à Diana Vaughan » et dont le parti, « à chaque scrutin, se coupait en trois : les blancs, les bleus et les absents « ; des singuliers politiciens qui, « avec une ardeur plus ou moins candide, étaient entrés dans la voie nouvelle ou cherchaient à négocier leur petite paix avec le Gouvernement ». Il expliquait surtout le non possumus des royalistes :

« Pourquoi, — écrivait-il en rappelant l’avortement de tant d’initiatives, — - pourquoi ces généreux efforts ont-ils eu un succès si limité? C’est qu’ils sont venus se briser contre l’honneur, contre le bon sens, contre le patriotisme d’un très grand nombre de Français. En effet, il est, jusque dans le dernier de nos villages, des hommes à qui l’honneur défend de mentir à leurs concitoyens et de se déclarer partisans d’un régime qui foule aux pieds tout ce qui leur est cher. »

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