‹ Un Demi-Siècle de Défense Nationale et ReligieuseChapitre 153 sur 189 · Lettre du 3 mai · texte numérisé non relu

Lettre du 3 mai

3 Lettre du 2 mai.

ÉMILE KELLER

pratiquement avec le terrain constitutionnel et qu'ils étaient seuls, par conséquent, d’accord avec Rome.

Ils étaient en effet d’accord avec Léon XIII, qui allait mourir.

La politique pontificale changerait-elle avec le Pape ? Émile Relier cherchera à élucider cette question.

En juin 1903, le ministère Combes publia un Livre jaune qui, par le choix perfide des documents, tendait à rendre le Saint-Siège responsable devant l’opinion de toutes les persécutions infligées à l’Église de France. « Ils m’ont trompé ! ils m’ont trompé ! » répétait Léon XIII à son entourage, et il disait le 2 juillet à Mgr de T’Serclaes, supérieur du Séminaire Belge : « Je sens qu’il est temps pour moi de terminer ma vie. » L’illustre Pontife s’éteignit le 20 juillet, âgé de quatre-vingttreize ans, après avoir « accompli jusqu’à la plénitude chacune de ses fonctions universelles comme si elle eût été unique » et après avoir exercé sur le monde entier un ascendant inouï alors que jamais, depuis les Catacombes, le Saint-Siège ne s’était trouvé plus dépourvu de toute puissance matérielle 2.

Dès l’avènement de Pie X, Émile Relier désira connaître l’accueil que ses vues rencontreraient désormais au Vatican. A Toulouse le Comité Régional du Comité de Défense Religieuse le pressait de partir lui-même à Rome :

« Nous serons irrémédiablement culbutés, lui écrivait le président de ce Comité, si Rome ne se prononce pas pour l’action purement catholique... L ’ Action Libérale provoque activement des souscriptions pour offrir un cadeau au Souverain Pontife : elle espère obtenir une déclaration dont elle jouera... Le moment est très opportun, puisque Pie X prend le temps nécessaire pour faire son enquête personnelle avant de se lancer. Il sera peutêtre bientôt trop tard, si on hésite. »

Émile Relier, ne voulant pas aller lui-même à Rome, demanda à M. de Lamarzelle s’il se chargerait de cette mission ; mais l’éminent sénateur du Morbihan, royaliste et trop connu comme tel, déclina l’offre ; il devait d’ailleurs, à la rentrée des

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