Mourret, op. cit., pp
l’ « UNION DES CATHOLIQUES FRANÇAIS » 361
Chambres, participer à la discussion du projet Chaumié, répondre au discours de Clemenceau, s’expliquer très nettement et une bonne fois sur le Syllabus, sur le Ralliement, sur la situation des catholiques français par rapport au Pape en matière de politique extérieure, et il devait pouvoir dire qu’il parlait en son nom propre l 2. Paul Lerolle était, de son côté, retenu par des affaires personnelles.
Les évêques de Montpellier et de Nancy furent pressentis.
« Un signe de vous est toujours un bonheur, répondit Msr de Cabrières, et je ne vois jamais votre nom écrit ou imprimé sans le saluer avec une sorte de reconnaissance et même de vénération... Je comprends votre généreux désir. Vous voudriez éviter les malentendus qui ont parfois attristé votre cœur et celui de tous les bons catholiques ; et pour cela, il vous paraîtrait opportun de « prendre place » et de ne laisser personne présenter vos pensées ou vos œuvres sous un jour qui en change ou en dénature même le caractère. Vous devinez aisément, cher Monsieur, que je serais heureux et honoré d’être votre porte-parole, mais je ne puis aller à Rome qu’au printemps prochain -. »
Jh1 Turinaz avait, en dehors d'impossibilités matérielles, d’autres raisons de s’abstenir : « Il importe de savoir quel sera le Secrétaire d’État.... Enfin, j’ai fait tant de démarches auprès de Léon XIII, et dit tant de fois la vérité sans résultat sinon pour préparer l’Encyclique très importante au Clergé de France, que je suis un peu découragé 3. »
A défaut d’un évêque français, Émile Keller eut recours pour présenter ses œuvres au nouveau Pape, à leur cardinal protecteur, le cardinal Vincent Vannutelli, qui lui écrivit le 26 août 1903 :
« Dans l’audience que j'ai eue hier matin, il m’a été bien agréable de déposer entre les mains augustes du Saint-Père la belle adresse que lui envoient les Comités catholiques de la rue de Grenelle, et j’ai eu la satisfaction de constater le gracieux et paternel accueil que Sa Sainteté a daigné faire à cet hommage.
1. Lettre à Emile Keller du 13 août 1903. M. de Lamarzelle observait qu il n'était jamais allé à Rome sous le Pontificat de Léon XIII.