Officiel du 20 ;uiu
COMBATS POUR L’ÉCOLE LIBRE
M. Keller... et M. Camille Sée est le premier à reconnaître l’influence que toutes les femmes exercent dans une nation, car dans son rapport il nous dit : « Les femmes, quoi qu’on fasse, dirigent les mœurs, et c’est par les mœurs plus encore que par les lois que se font les peuples. »
Sachez donc reconnaître que les femmes chrétiennes ont fait de la France la première nation du monde... (Applaudissements à droite. — Rumeurs à gauche), en attendant que vos librespenseuses en fassent la dernière des nations. (Réclamations à gauche. — Nouvelle approbation à droite.)
Ces reproches, messieurs, vous ne songez donc pas qu’ils s’adressent à tout ce que nous avons de plus cher, de plus respectable au monde? Ils s’adressent à nos femmes, à nos mères. Quel est donc celui d’entre vous qui ne reconnaît pas ce qu’il doit à sa mère? (Vives marques d’adhésion à droite. — Murmures à gauche.)
Voix diverses à gauche. Mais nous le reconnaissons comme vous ! — A la question ! — Il s’agit du niveau de l’éducation.
M. Keller. Messieurs, je ne comprends pas vos murmures, et, pour ma part, je suis heureux de dire ici bien haut que, ce que je suis, je le dois en grande partie à ma mère.
A droite. Très-bien ! très-bien !
M. Keller. Pour tirer les femmes de ce profond abaissement intellectuel et moral, on nous reporte immédiatement à 1793, et au rapport mémorable du conventionnel Lakanal...
Cette époque modèle ne fut pas de longue durée et finit avec Robespierre, car voici ce qu’un de vos rapporteurs, l’honorable M. Roysset, vous disait à propos du budget de l’instruction publique de 1878 : « Lorsqu’ advint le 9 thermidor, toutes ces grandes ébauches furent abandonnées, sous l’influence de la direction nouvelle imprimée à la politique générale. »
Ainsi, vous l’entendez, la France n’aurait vécu, la France n’aurait vu clair dans les questions de l’enseignement, la France n’aurait été digne d’elle-même que pendant les quelques mois qui s’écoulent du rapport de Lakanal, c’est-à-dire du 26 juin 1793, à la mort de Robespierre, au 9 thermidor; la France n’aurait vécu que pendant les mois les plus lugubres et les plus abominables de son histoire...
L’honneur du christianisme n’est pas d’avoir inventé, mais d’avoir rétabli et restitué les principes éternels de morale et de justice.
Mais en dehors du christianisme, chaque religion et chaque philosophie a sa morale, et l’embarras sera bien grand pour les institutrices que vous allez constituer, lorsqu’elles seront obli gées d’enseigner la morale républicaine à leurs élèves.
Prenons la question qui intéresse le plus directement les
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femmes, la question du mariage. Que diront là-dessus vos institutrices ?
M. Duvaux. Elles enseigneront les devoirs de la mère de famille !
M. Keller. Nous allons précisément examiner ces devoirs de la mère de famille. Je me mets, à ce sujet, à la place d’une institutrice faisant l’enseignement de la morale ; voici à peu près ce qu’elle dira à ses élèves. Sur les lois du mariage, la conscience humaine a beaucoup varié ; la conscience musulmane admet la polygamie. (Exclamations et rires ironiques à gauche.)
A gauche. Et la Bible? et les patriarches? et Abraham?
M. Duvaux. Salomon ne s’en est pas privé ! (On rit.)
M. Keller. J’y arrive, messieurs ; j’arrive à Salomon. (Interruptions à gauche.)
M. le Président. N’interrompez pas à chaque instant, messieurs ; il est impossible de discuter!
M. Keller. Nous voici à Salomon. La conscience israélite admet la polygamie ; mais en France, les israélites en ont fait le sacrifice, pour se conformer aux lois de la nation française ; au fond, cependant, leur conscience l’admet.
En effet, la loi française ne condamne pas seulement la polygamie, elle punit la bigamie seule des travaux forcés. Ainsi vos mères, mes chères enfants, n’ont pu avoir qu’un seul mari ; quant à vous, il est difficile de dire ce que l’avenir vous réserve. (Rires ironiques à gauche. — Interruptions diverses.)
M. Blandin. On ne vous chargera pas de faire un cours de morale.
M. Keller. Je continue la leçon de mon institutrice.
M. Paul Bert. Vous n’êtes pas encore nommé! (On rit.)
M. Keller. En ce moment, dira-t-elle, M. Léon Renault vient de déposer à la Chambre un rapport sur le divorce, et, d’ici à quelque temps, vous aurez peut-être à la place de la bigamie simultanée la bigamie successive. (Exclamations et rires à gauche).
M. le comte de Douville-Maillefeu. Comme à Monaco !
M. Keller. Et si, plus tard, la majorité adopte dans leur ensemble les vues libérales de l’honorable M. Naquet, oh ! alors, mes enfants, vous changeriez de mari aussi facilement et aussi souvent qu’on change d’appartement. (Exclamations et rires ironiques à gauche et au centre. — Très bien ! à droite.)
Voilà une belle morale, une morale solide, indiscutable, qui vous fera de vertueuses citoyennes. (Interruptions et rires à gauche)...
« Les gouvernants , écrivait en 1793 Coupé (de l’Oise), doivent constamment donner l’exemple de toutes les vertus et enseigner la morale en la présentant dans leurs actes...
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Il faut qu’ils puissent dire : Sancli estote quia ego sanctus sum. »
Messieurs, je recommande cette recette à la commission ; et, pour remplacer le catéchisme et la vie des saints, je l’engage à publier la vie des hommes d’État qui nous gouvernent, avec cette épigraphe : Sancti estote quia ego sanctus sum... Soyez saints comme je suis saint. (Rires et bravos à droite.)
Que deviendra la jeunesse réduite à cet enseignement moral et privée d’instruction religieuse ?
« Il faut, s’écriait M. Jules Ferry, que la femme n’appartienne plus à l’Église, mais à la science ». (Très bien! sur plusieurs bancs à gauche)...
Pour y arriver on vous demande de créer aux frais des contribuables, dans tous les départements et toutes les villes de France, des collèges de filles, dirigés par le ministre, et ayant pour but de frapper non plus seulement les jeunes gens, mais aussi les jeunes filles à l’effigie de M. Jules Ferry. (Rires bruyants à droite.)
Et pour remplir ces collèges qui feront horreur aux familles, M. le rapporteur le reconnaît lui-même, on vous demande de voter, toujours aux frais des contribuables, assez de bourses pour peupler ces établissements. Voilà toute la loi ! »
S’embarrassant fort peu de la vérité historique, — à moins qu’il ne l’ignorât totalement, — Camille Sée répéta qu’avant 1789 la femme n’était « rien », qu’elle n’avait aucune instruction, et qu’on avait au surplus « de bonnes raisons pour ne pas lui en donner » : « Il y avait bien à Paris, concédait-il, quelques couvents de mondaines ; il y eut un instant un couvent de femmes pieuses, éclairées, presque héroïques : c’était Port-Royal ; on se hâta de le persécuter et de le fermer. Le reste n’était qu'un assemblage de béates, fort en état de faire des lessives et des confitures, et capables tout au plus de lire un bréviaire latin, dont elles ne comprenaient pas un mot. » La Révolution lit enfin de la femme « quelque chose », et cela est devenu de première importance car « si les femmes ne déposent pas le bulletin dans l’urne, combien y en a-t-il qui l’écrivent ? » 11 ne faut plus qu’un homme « élevé à l’école de la raison » soit obligé d’épouser une femme « élevée à l’école de la superstition ».
« M. Camille Sée, riposta Keller, aurait dù, ce me semble, en un pareil sujet, apporter un sentiment de réserve personnelle dont j’ai été surpris de le voir s’écarter (Rumeurs à gauche),
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et j’attribue en partie à son ignorance (Exclamation à gauche) ce qu’il est venu dire à cet égard de nos maisons religieuses...
Je n’ajouterai qu’un seul mot : c’est que moi qui vous parle, j’ai dans un couvent une de mes fdles au service des pauvres, et que je m’en honore...
L’honorable M. Camille Sée, qui ne m’a pas répondu, est venu vous dire, il l’a répété plusieurs fois et j’en prends acte, que la France est catholique, que la France est une nation catholique, et c’est parce que la France est une nation catholique qu’on veut nous faire voter des lois despotiques... (Réclamations à gauche et au centre. — Très-bien à droite.) destinées à déraciner la foi de la France et à faire passer les jeunes fdles comme les jeunes garçons dans le laminoir du despotisme. (Protestations à gauche.) Voilà toute la loi. Le pays la jugera. (Très bien ! très bien ! à droite). »
Un autre projet de loi, visant l’enseignement supérieur et supprimant les Jurys mixtes avait été adopté par la Chambre le 7 juin 1876; il avait ensuite échoué au Sénat. Il fut repris en 1879 par Jules Ferry. Spuller, rapporteur, avait pour collaborateurs Paul Deschanel et Paul Bert. Par un singulier abus de mots, ceux-ci avaient qualifié de « monopole » la liberté de l’enseignement supérieur et déclaré que ce monopole, en rendant les établissements nationaux victimes « d’une véritable contrefaçon », était « aussi redoutable pour l’enseignement que pour la liberté ». Une telle façon de parler permettait de présenter un nouveau projet « relatif à la liberté de l'enseignement supérieur » : la seule Université officielle devait conserver, avec le titre même d’ Université, le droit de faire passer les examens et épreuves pratiques déterminant la collation des grades.
Le 3 juillet 1879, Émile Relier présenta un amendement qui laissait à la disposition des élèves des facultés libres, pourvues du droit d’inscription, le jury spécial institué par la loi du 12 juillet 1875. Il rappela qu’en 1876 il avait annoncé que le retrait de la collation des grades n’était qu’une affaire d’avant-garde, le signal d’une campagne ouverte contre la liberté d’enseignement. Jules Ferry affirmait alors qu’il n’en était rien, et que le Gouvernement ne dépasserait pas les limites fixées ; le ministre Waddington, — encore ministre en 1879, — appuyait : « Nous n’irons pas plus loin... Nous
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avons parlé en hommes de conscience et d’honneur, et vous êtes tenus de nous croire. » Or aujourd’hui les mêmes hommes proposaient une loi dont le rapporteur Spuller avait à l’avance apprécié ainsi les conséquences : « Dépouiller les professeurs des facultés du droit d’examen, c’est les ramener à n’être que des conférenciers : c’est la mort des facultés. » L’enseignement supérieur ressemblerait en elïet « à un homme auquel on prend son nom, son élat civil, sa bourse et ses revenus, et auquel on laisse la liberté de mourir de faim ». Comme le projet de loi rendait gratuite l’inscription dans les facultés de l’État et que, d’autre part, celles-ci percevraient seules les droits d’examens majorés d’autant, cette « petite merveille d'habileté » condamnerait à la ruine les facultés libres ; elle faisait en tous cas de la liberté le privilège des riches et forcerait les étudiants pauvres à suivre le cours de l’État. Jules Ferry prétendait que les catholiques se désintéressaient de la question : or l’Université de Lille, par exemple, comptait d’ores et déjà cinq facultés, cinquante-quatre professeurs, presque tous docteurs, et huit mille souscripteurs avaient concouru à une fondation dont la bibliothèque atteignait 34.000 volumes. S’étant fiés à la loi de 1875, les administrateurs de cette magnifique Université demandaient « que la confiscation, abolie pour les criminels, ne fût pas rétablie contre des citoyens coupables du seul crime de dévouement à la religion, à la patrie et à la science ». Loin de s’opposer à la foi, la science était avec elle en accord complet et c’est cet accord qu’établissait la doctrine complète des Universités catholiques. Au surplus, comme le reconnaissait Jules Simon, « c’est surtout en matière d’instruction que la liberté est indispensable ; renseignement libre sert de pionnier à l’enseignement de l’État ; l’enseignement libre marche toujours en avant ; il est nécessaire, plus nécessaire que l’enseignement de l’État ». Jules Ferry observa, à ce moment, que « c’était tout à fait son avis », mais l’orateur acheva de prouver que, d’après leurs propres discours, les promoteurs de la loi ne visaient qu’à un monopole de servitude et ouvraient la République à tous, excepté aux catholiques : la majorité oubliait, concluait-il, que « c’était le droit qui primait la force ».
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Il remonta à la tribune le 5 juillet pour repousser le fameux Article 7 enlevant à tout membre d’une congrégation non autorisée le droit de « diriger un établissement d’enseignement public ou privé, de quelque ordre qu’il soit, ou d’y donner 1’enseignement ». Cette mesure, on le voit, était doublement déplacée dans une loi sur « la liberté de l’enseignement supérieur » ; mais, pour détruire les Congrégations, tous les moyens n’étaient-ils pas bons ?
Émile Relier développa un amendement laissant le droit d’enseigner à tout Français qui aurait justifié des conditions d’âge, de capacité et de moralité exigées par la loi ; ce droit ne pourrait être supprimé préventivement ni être perdu qu’en vertu d’une décision des tribunaux ou des autorités préposées à l’enseignement, dans les cas prévus par les lois de 1850 et de 1875.
La loi de 1850, exposait-il, a produit d’excellents effets : le nombre des élèves des écoles primaires s’est élevé de 3.500.000 à 5.250.000 ; 48 p. 100 sont instruits gratuitement, proportion extrême, car si on la dépassait, on arriverait à faire payer par les pauvres l’éducation des riches. Les cours d’adultes ont en outre 605.000 élèves, au lieu de 78.000 en 1850. Dans renseignement secondaire, on compte, depuis 1850, 54.000 élèves de plus, dont la moitié pour les collèges de l’État. Les collèges de jésuites n’en renferment du reste que 10.000. Les collèges libres donnent-ils un mauvais enseignement ? Tous les ministres compétents qui ont enquêté antérieurement sur eux leur ont rendu hommage, en particulier M. Waddington, ministre de la République, arrivé naguère à ces conclusions : « Pour l’enseignement secondaire, vous avez des établissements en pleine possession de la confiance des familles, car l'enseignement qu’ils donnent est élevé. Au point de vue de la direction morale et de l’organisation intérieure, ils peuvent être enviés par certains lycées de l’État... » Alors, pourquoi frapper, comme des criminels, les 7.400 citoyens français et les 14.000 bonnes françaises qui se consacrent à un tel enseignement ? — Relier examine en détail les griefs lancés contre eux, et surtout contre les Jésuites ; il dissèque, au milieu de constantes et violentes interruptions, l’acte d’accusation qu’ont
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dressé Ferry, Spuller et Paul Bert en reprenant « toutes les calomnies, tous les mensonges répandus contre eux depuis deux siècles ».
« Plusieurs centaines de leurs élèves sont officiers dans l’armée française, s’écrie-t-il. Eh bien, que M. le Ministre de la Guerre tasse une enquête, qu’il demande si ces officiers sont moins bons Français, moins bons militaires que les autres !... Et puis, vous avez parmi vous, vous avez sur les bancs mêmes du Gouvernement des hommes qui ont été élevés dans les institutions congréganistes. C’est à vous que je parle, monsieur Lepère à vous et à vos collègues, et je demande à tous les membres de cette Chambre, à quelque opinion qu’ils appartiennent, qui ont été élevés chez les jésuites, chez les dominicains, chez les oratoriens, qu’ils viennent nous dire à cette tribune si on leur a jamais appris à ne point aimer leur pays ; je les en adjure, qu’ils viennent le dire !...
« Si les jésuites ont été institués pour combattre la Réforme, ils n’ont jamais été plus défavorables que d’autres à la liberté des peuples, et leurs plus illustres théologiens, Suarez et Bellarmin, ont soutenu les théories les plus libérales sur la constitution du pouvoir... Les attaquer, c’est attaquer le catholicisme tout entier. — Je ne crois qu’à la religion de la France, interrompt Spuller, et c’est parce que les jésuites ont été de tous temps les adversaires de la France qu’ils m’ont pour adversaire. — S’ils ont été chassés d’Allemagne, réplique Relier, c’est surtout parce qu’ils étaient les amis de la France ; et si Bismarck combat les catholiques, c’est, selon les expressions du socialiste Bebel, parce qu’ils ne reconnaissent pas son infaillibilité politique, et pour distraire les masses de leur misère. De même les radicaux jettent aux masses qui attendent et qui souffrent à certains jours l’os desséché de quelque jésuite... Le patriotisme exige d’autres solutions, car la Révolution ne sera terminée, la France ne sera sauvée que quand le progrès, la liberté et la civilisation se seront réconciliés avec la foi traditionnelle qui en a toujours été et qui en sera à jamais la source féconde. »
Paul Bert tint à se laver des « mensonges » dont Émile Relier l’avait accusé, et il le lit en présentant les Jésuites comme les ennemis du Décalogue et des principes de morale communs à toute société ; comme des professeurs de vol, de
1. Ministre île l'Intérieur et des Cultes. Lepère présida ensuite la Gauche radicale.
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luxure et d’assassinat... La pudeur ne lui permit même pas de donner lecture, « devant une assemblée d’hommes », des sujets proposés par un jésuite « aux méditations des jeunes filles dans les établissements congréganistes 1 ». « En vérité, — écrivit le 10 juillet M8'1 Freppel à Paul Bert au sujet de son discours, — c’est une ignominie pour la France et un scandale pour le monde entier. » Mais la veille, 2 juillet 1879, la Chambre avait adopté par 347 voix contre 143 l’ensemble de la loi, y compris l’Article 7. Celui-ci ayant ensuite échoué au Sénat, Jules Ferry, qui vantait toujours son libéralisme, en fut quitte pour lui substituer les décrets du 29 mars 1880.
Durant toute l’aimée 1880, Émile Relier resta sur la brèche.
Le 17 mars, à la veille de la promulgation de la loi qui découronnait l’enseignement supérieur libre, il combattit l’ordre du jour qui comptait sur « la fermeté » du Gouvernement pour appliquer aux congrégations non autorisées « les lois existantes 2 ».
Le 25 mai, il tenta d’amender le projet de loi sur les titres de capacité dans l’enseignement primaire : ce projet 3 supprimait les lettres d’obédience accordées aux maîtres congréganistes par leurs supérieurs et leur tenant lieu de certificat de capacité, et il obligeait ces maîtres à passer un examen devant un jury laïque et universitaire. Émile Relier critiqua cette « séparation bien nette de l’Église et de l’École », et cet examen qui « roulerait en partie sur la morale civique et sûrement républicaine ». Jules Ferry observa que l’État ne pouvait laisser « empoisonner la jeunesse par des doctrines contraires à celles qui devaient lui être enseignées. — « Je laisse au Gouvernement, répondit Relier, le monopole de l’empoisonnement. »
Le 25 novembre, il s’éleva contre le système de la gratuité absolue de l’enseignement primaire, système qui soustrayait
1. Il fut prouvé que le recueil cité n’était pas d'un jésuite, n'avait pas cours dans les maisons d'enseignement et ne s'adressait d'ailleurs pas aux élèves.