‹ Un Demi-Siècle de Défense Nationale et ReligieuseChapitre 27 sur 189 · Du 8 juin · texte numérisé non relu

Du 8 juin

EMILE KELLER

ennemi des légistes \ il condamnait, avec une inlassable obstination, le césarisme ancien et moderne. Voyant dans les mots « France catholique et libérale » une formule susceptible de servir de mot de passe à l’adversaire, il avait fait suivre de cette remarque le texte du discours d’Émile Keller : « Au Corps Législatif et dans les journaux, il est fort question de la liberté de la presse et des principes de 1789, ces principes étant invoqués aussi bien par les membres de l’opposition que par les ministres sans portefeuille. » Il raillait ensuite la Déclaration des Droits de l'homme, « arsenal commode où l’on trouvait des armes de toute sorte » et « où jusqu’à présent la liberté n’avait puisé des arguments que pour la parade ». Keller, nous le savons assez, n’avait pas d’autre opinion et s'il méritait quelque reproche, c’était seulement celui que lui adressa, très affectueusement, le P. Danzas, religieux dominicain professant la plus pure doctrine romaine : « Vous avez été fils de l’Église et fils de lumière. Je ne relèverai qu’un mot, celui de libéral : il est excessivement juste, si vous le prenez dans le sens d'ami de la liberté ; mais, dans le sens des partis qui se le sont arrogé, n’auriez-vous pas l’air, en le prenant, de vouloir leur complaire ? L’idée était bonne ; l’expression offrait une double entente -. » Au fond l’orateur, — comme le prouve son discours tout entier, - — avait soutenu une doctrine de « contre-révolution » dont Montalembert lui-même, s’il vivait encore, reconnaîtrait sans doute la nécessité.

Était-il vain, en 1862, de manifester au sein du Corps Législatif tant de clairvoyance ? En tout cas, le 21 mars, dix députés seulement — sur 242 — refusèrent d’exprimer leur « absolue confiance » dans les « loyales intentions » de l’Empereur, alors que l’année précédente quatre-vingt-onze voix avaient protesté contre « les sages conseils donnés au Pape ». Mais ce n’étaient ni la liberté, ni la vérité, ni l’intérêt public qui étaient victorieux.

1. Son ouvrage, Les Légistes , leur influence politique et religieuse, est de

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