‹ Un Demi-Siècle de Défense Nationale et ReligieuseChapitre 33 sur 189 · Lettre à Emile Keller du 6 juin · texte numérisé non relu

Lettre à Emile Keller du 6 juin

ÉMILE ICELLER

prêtres mettant les intérêts de la Fabrique au-dessus des intérêts de l’Église ». Migeon remporta en effet 2.500 suffrages de plus qu’Émile Relier. César West distançant Migeon de 2.700 voix, il en résultait un ballottage qui n’était certes pas à l’honneur du corps électoral, ni à la gloire du Gouvernement.

Émile Relier repoussa toute idée de compromis et retira sa candidature.

Le candidat de Napoléon III, soutenu par tout l’appareil de la puissance publique, fut ainsi élu au second tour : au Corps Législatif, sa renommée devait avoir moins de lustre que celle de son prédécesseur et l’Opposition renforcée 1 se chargerait d’amener l’absolutisme impérial à composition, de faire comprendre aussi à l’Empereur à quels abîmes sa politique étrangère entraînait la France.

L’année 1869 et son cortège de tragiques angoisses assureraient la revanche électorale d’Émile Relier. En attendant, son échec lui valut des témoignages de sympathie et d’admiration plus précieux que la faveur officielle, et constituant une véritable revanche morale.

Charles Rolb-Bernard avait été réélu, mais la prétendue bienveillance du Gouvernement avait été plutôt de la «neutralité », et même cette neutralité, « de la part de plus d’un de ses agents, avait été de l’hostilité », si bien qu’il pouvait revendiquer hautement le titre de « candidat libre et indépendant » 2. Quoi qu’il en fût, la retraite du député de Belfort le disposait « à détester son triomphe », et il se demandait ce qu’il allait devenir « dans cette Chambre si abaissée où il eût été si nécessaire que des voix catholiques, vraiment et seulement catholiques, se fissent entendre ». « Permettez-moi de vous exprimer le regret que j’éprouve, disait-il à son ancien collègue, de n’avoir pas maintenu mon désistement et d’avoir cédé, à la dernière heure, à la pression de mes amis qui m’ont fait un devoir rigoureux de ne pas laisser le terrain libre à un rouge, que le Gouvernement avait eu à accepter pour faire échec à Plichon... Combattre avec vous, c’eût été un bonheur;

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