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ÉMILE KELLER
prend d’ailleurs que Napoléon III ait voulu, à l’exemple de Napoléon Ier, la surveiller en la plaçant sous son autorité. La charité, sous l’inspiration la plus haute, la plus dégagée des contingences politiques, est par contre l’objet exclusif des Conférences de Saint-Vincent de Paul ; et comment qualifier le projet de décret 1 2 3 nommant en même temps le cardinal Morlot, archevêque de Paris, président des Conférences, et le maréchal Magnan, héros du Deux-Décembre, grand maître des Francs-Maçons ? Grâce aux pressantes démarches du cardinal lui-même -, sa nomination n’eut pas lieu. Celle du maréchal fut différée jusqu’au 11 janvier 1862, jour même où un autre décret récompensait par une chaire au collège de France les blasphèmes d’Ernest Renan : « Les temples matériels du Jésus réel s’écrouleront, écrivait l’auteur de La vie de Jésus 3 ; les tabernacles où l’on croit tenir sa chair et son sang seront brisés ; déjà le toit est percé à jour, et l’eau du ciel vient mouiller la face du croyant agenouillé. » Mais la circulaire ministérielle du 16 octobre 1861 avait mis les Conférences en demeure ou bien d’accepter un président nommé par décret impérial, ou bien de rompre tout lien entre elles ; comme la première de ces alternatives ne s’était pas réalisée, un arrêté du Préfet de police du 12 novembre prononça la dissolution du Conseil Général.
Adolphe Baudon écrivit le 18 novembre à Émile Keller :
« Notre pauvre société périt sous un procès de tendance ; car on n’articule aucun fait, sinon qu’on se méfie de nous, et que, si nous n’avons pas été dangereux, nous pourrions le devenir... Le Conseil Général a déclaré qu’en face d’une mesure qu’il considérait comme légale, il obéissait à la loi. Il a suspendu ses séances et délégué à son ancien Bureau la mission de réclamer auprès du Gouvernement et de prendre les autres mesures qu’il croirait nécessaires. »
La première des mesures jugées nécessaires fut l’élimination