Ministre de la Marine en
ÉMILE KELLER
Le député de Belfort était du nombre ; le lendemain, il retourna seul chez « ce héros impétueux et plein de charme qui venait de sacrifier à la cause de l’Église sa gloire militaire plus chère que sa vie » : « Il portait sa défaite, raconte le visiteur, avec une noble simplicité et n’avait pas une parole d’amertume pour tous ceux qui avaient contrecarré sa mission et pactisé avec le Piémont. Du reste, il ne jetait pas le manche après la cognée ; et en attendant le jour où il pourrait en reprendre le commandement, il s’occupait activement de réorganiser la petite armée pontificale. Le Comité de Saint- Pierre l’y aidait de toutes ses forces. »
Ce Comité avait été créé à Paris par Émile Relier, Anatole Lemercier, le P. Pététot (de l’Oratoire), le général d’Arbouville, le marquis de Laguiche (ancien aide de camp de Lamoricière), et le libraire Henri Poussielgue. Secondé au point de vue politique et juridique par un Comité Consultatif formé chez Msr de Ségur, puis chez M. Récamier, et composé des députés Relier, Lemercier, de Cuverville et Rolb-Bernard, des avocats de Vatimesnil, Rivolet, de Saint-Malô et de Sèze, le Comité de Saint-Pierre recueillit d’abord les pétitions adressées au Sénat pour revendiquer les droits du Souverain Pontife, puis s’occupa du recrutement, de l’ entretien et de l’armement des troupes pontificales. Donnant la première impulsion aux collectes du Denier de Saint-Pierre, — collectes faites à domicile par des femmes zélées S — il put utiliser en quelques années une dizaine de millions, et jouer ainsi, jusqu’en 1870, un rôle fort important1 2.
Tandis que Garibaldi réunissait, pour l’assaut, une armée révolutionnaire de plus en plus cosmopolite, Rome voyait arriver des défenseurs de tous pays. A Paris même les volontaires français, belges, hollandais, irlandais, canadiens se