Séance du 28 mars
LE DÉPUTÉ PATRIOTE
léo, c’est que la république existait par en bas, dans chaque commune, dans chaque association, dans chaque corporation, et que le pouvoir central, voué à la défense des intérêts généraux, s’occupait le moins possible des affaires particulières »
Là encore Emile Iveller ne faisait que devancer le mouvement d’idées qui, de nos jours, aboutit au régionalisme, à la renaissance des autonomies provinciales, et force peu à peu l’État lui-même à renoncer à sa stérilisante dictature.
Mais aucun régime ne réalisait mieux « la république au sommet » que le régime impérial ; et si Napoléon III, après avoir révisé une dernière fois la Constitution, conféré aux deux Assemblées Législatives des droits égaux, rendu les ministres responsables devant elles 1 2, appelait le peuple français à approuver, le 8 mai 1870, « les réformes libérales » opérées depuis dix ans et croyait ainsi retremper son autorité dans la fontaine de Jouvence du plébiscite, Émile Relier estima, lui, que cette pratique césarienne était pleine d’artifices, que les concessions accordées étaient insuffisantes et ne répondaient pas au programme des Cent-Seize dont il avait promis de poursuivre, jusqu’au bout, l’accomplissement.
Le 5 avril 1870, après la démission des ministres du Centre Gauche, — Daru, Buffet et de Talhouët, — il avait volé l'ordre du jour3 signalant les défauts de la nouvelle Constitution, demandant « que l’organisation du Sénat le mît en harmonie avec ses nouvelles attributions et qu’aucun plébiscite ne fût soumis au suffrage universel avant que le texte n’en eût été discuté et voté par le Corps Législatif et par le Sénat ». — Le 28 avril, dans un manifeste à ses électeurs, il exposa « à cœur ouvert » pourquoi il lui paraissait impossible de répondre par oui ou par non à la consultation plébiscitaire et de donner ainsi un blanc-seing à la politique impériale :
« Vous connaissez, disait-il, la voie suivie par le Gouvernement depuis 1859. L’intérêt français et l’intérêt catholique, qui lui est étroitement uni, ont été compromis. Notre industrie a été