Député du Doubs
LE DÉPUTÉ PATRIOTE
rectifia : « Avec espérance, mais sans anxiété 1 »... Le 23, ayant exposé que les populations de Haute-Alsace réclamaient en vain des armes x. Relier supplia qu’on leur fournît enfin « des moyens de s’organiser » pour défendre leur sol. Entre temps, il déposait de nombreuses pétitions épiscopales revendiquant pour les membres du clergé l’honneur de faire partie de l’armée comme aumôniers et infirmiers volontaires, et il demandait lui-même que, dans ces conditions -, « la porte leur fût, à l’avenir, ouverte à deux battants » \
Vers l’Est, l’horizon s’assombrissait encore. Le 16 août, la bataille de Rezonville avait laissé à notre armée du Rhin, qui devait se replier sur Châlons, les routes d’Étain et Rriey, mais lui avait enlevé la route de Verdun et l’incapable Bazaine avait ordonné son repli sur Metz oü Moltke la bloqua. Mac- Mahon, nommé le 17 commandant de l’Armée de Châlons, partait le 21 pour Reims dans le dessein de se replier surParis; mais le « plan Palikao » lui assignait pour mission d’opérer sa jonction avec l’armée du Rhin, et il se dirigeait vers le Nord, arrivait le 24 vers Rethel, le 26 dans l’Argonne, alors que Bazaine n’avait pas quitté Metz... L’anxiété pouvait de plus en plus se mêler à l’espérance !
Le 22, Thiers avait fait écarter la proposition du comte de Kératry tendant à faire admettre neuf députés, élus par la Chambre, dans le Conseil de Défense. Le 26, Émile Relier, sous le coup de sinistres appréhensions, présenta hardiment cette double résolution : « 1° .Si la capitale est attaquée, la Chambre continuera à tenir ses séances à Paris ; 2° elle désignera immédiatement 60 de ses membres qui se mettront à la disposition de l’autorité militaire pour la seconder dans la défense de la capitale. » — Le général Trochu avait été nommé, le 18, gouverneur de Paris, et Relier l’avait d’abord considéré comme l’homme de la situation au point de demander pour lui, nous l’avons vu, la succession d’Émile Ollivier :
1. Il était membre delà Commission chargé d'examiner l'organisation des compagnies de tirailleurs volontaires.
2. Jules Favre avait proposé leur incorporation au même titre que les instituteurs.