‹ Un Demi-Siècle de Défense Nationale et ReligieuseChapitre 67 sur 189 · Publié par le Journal de Belfort du 27 septembre · texte numérisé non relu

Publié par le Journal de Belfort du 27 septembre

LE COLONEL DE FRANCS-TIREURS

Cernay, Mulhouse et Belfort : chaque homme devait arriver avec un bon pantalon, de fortes chaussures et des vêtements à son choix ; il recevait une capote grise, un képi, des objets de campement et des armes. — Il s’y ajouta deux compagnies de Bellevillois qui arrivaient de Paris avec des chapeaux à plumes, des chemises bleues et des ceintures rouges : ces ardents révolutionnaires étaient fort indisciplinés ; de leurs deux capitaines, l’un était retenu en prison à Belfort pour avoir tué l’autre à la suite d’une querelle de femme ; ils avaient un lieutenant, Dulac l 2, ancien secrétaire de Victor Cousin, qui avait été l’un des Mille de Garibaldi: Émile Keller le conserva en raison de son patriotisme, donna le commandement à un ancien officier de la garde municipale, cassa les sous-officiers incapables, et utilisa au mieux la réelle bravoure de ses Bellevillois. — Puis ce furent des montagnards et des ouvriers de l’Isère ; des francs-tireurs du Gard, ayant triplé ou quadruplé le nombre de leurs galons sur leurs habits de velours de chasse, munis de chassepots que «leur ami Challemel-Lacour », disaientils, leur avait fait distribuer, assez douteux d’ailleurs pour qu’un télégramme militaire de Belfort recommandât d’envoyer au-devant d’eux quelques gendarmes dont la vue serait salutaire - ; deux compagnies franches bordelaises, conduites par des vétérans d’Italie et d’Afrique ; des mobiles de Saône-et- Loire, commandés par le capitaine Christophe, le lieutenant Duré et le sous-lieutenant comte de Montessus-Rully ; le groupe de volontaires amené par un officier alsacien échappé de Sedan, M. Braun ; de solides paysans du Bugey dont le chef était Paul Cotlin ; enfin, le détachement de cuirassiers du capitaine de Briey.

On conçoit les difficultés cju’il y avait à faire un « corps » solide d’un tel amalgame ; les éléments en restèrent d’ailleurs plus ou moins indépendants; et la subordination des volontaires était, dans son principe même, si relative, leur engagement si conditionnel, leur conception du devoir militaire si différente de celle de « vrais soldats » que nous verrons leur colonel lui-

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