‹ Un Demi-Siècle de Défense Nationale et ReligieuseChapitre 69 sur 189 · Il commandera en 1875 le 10° corps · texte numérisé non relu

Il commandera en 1875 le 10° corps

ÉMILE KELLER

sance l, et qu’au surplus on se défendrait si on était attaqué.

Le surlendemain, l’ennemi n’ayant pas paru, Émile Keller partit pour Guebwiller par le pied de la montagne et coucha à Bulil : de là, une avant-garde reconnut la route de Rouffach et essaya d’enlever un petit poste de cavaliers ennemis établi à Megenheim 2 ; mais les cavaliers s’enfuirent au galop et échappèrent aux balles inexpérimentées.

Au delà des Vosges, le général Cambriels était aux prises avec le corps de Werder. Émile Keller reçut l’ordre d’accourir à son secours par le col de la Schlucht et gagna aussitôt Munster ; mais là une nouvelle dépêche de Cambriels, battu à la Burgonce (6 octobre), l’engagea à se replier éventuellement sur Besançon. A cette nouvelle, un certain nombre d'Alsaciens déclarèrent qu’ils ne quitteraient pas leur pays sans l’avoir défendu : pour éviter une débandade, le colonel envoya les plus belliqueux occuper le col de la Schlucht et les environs montagneux de Rouffach, tandis qu’il ramenait les autres dans la vallée de Saint-Amarin, à Thann et à Wesserling.

L’ennemi s’était dirigé en deux colonnes sur la Schlucht, et sur Rouffach et Guebwiller. Les francs-tireurs durent céder au nombre. Du côté de Rouffach, deux volontaires blessés furent capturés, suspendus à des arbres avec des crochets de bouchers et férocement fusillés. Aux portes de Guebwiller, les Prussiens perdirent quelques hommes et voulurent se venger sur des innocents que le curé Winterer sut arracher à leurs bourreaux.

Au bruit de ce dernier combat et à l’annonce de l’occupation de Guebwiller, le tocsin sonna dans toute la vallée de Thann, et la population, hommes, femmes, enfants, saisie de vertige, se précipita soudain vers la ville à délivrer. Émile Keller essaya de barrer la route, avec deux compagnies, au flot humain qu'une poignée de cavaliers ennemis aurait brisé : mais il ne réussissait pas à se faire écouter lorsqu’on vint lui annoncer que les Prussiens avaient évacué Guebwiller. Les plus emballés seulement allèrent jusque-là « boire quelques

1. En fait, il ne reçut que l’effectif d'environ deux compagnies.

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