‹ Un Demi-Siècle de Défense Nationale et ReligieuseChapitre 80 sur 189 · Lettre au Journal Je Belfort du 4 décembre · texte numérisé non relu

Lettre au Journal Je Belfort du 4 décembre

2. Lettre aux électeurs sénatoriaux, écrite de concert avec MM. Vicillard- M igeon et Kœchlin-Scliwarz. Thiers fut élu. mais déclina ce mandat et fut ensuite réélu député de Paris.

3. Expression de la circulaire (du lü février) par laquelle les notabilités du territoire de Belfort recommandaient la candidature d’Emile Keller.

ÉMILE KELLER

Le 20 février 1876, il fut réélu par 7.740 voix, contre 4.721 à son seul concurrent M. Feltin.

L’année suivante, après la dissolution de la Chambre qui fut la conséquence du Seize-Mai, il se posa avec la même netteté, devant ses électeurs, en champion du Maréchal Président :

« ... Comme je le redoutais, les efforts des hommes de bonne volonté sont venus se briser contre la résistance d’un parti intolérant et aveugle, voulant soumettre votre fortune et votre conscience à ses expériences radicales, faisant appel aux plus mauvais souvenirs de 1793, et ne rougissant pas d’invoquer le patronage de l’étranger. — La lutte n’est donc pas, comme on vous le répète, entre la Monarchie et la République. Pas d’illusion. La lutte est entre le Maréchal et la Révolution... »

Il l’emporta encore 1 2 ; mais le courant hostile grossissait, et la « Révolution », maîtresse du Gouvernement, employa désormais contre lui les procédés de pression administrative qu’il avait connus sous l’Empire. Il succomba aux élections du 21 août 1881 : Belfort préféra un radical avancé, le docteur Fréry -, à l’intrépide Alsacien qui incarnait avec tant d’éclat ses revendications, à l’orateur qui, dans les luttes parlementaires pour la liberté et pour les intérêts supérieurs du pays, s’était acquis, au-dessus de tous les partis, une autorité de premier plan.

L’annonce d’un tel échec provoqua chez les amis d’Émile Keller et parmi tous les catholiques de France une explosion de stupeur indignée et d’amères regrets. Donnons-en quelques échos :

Mgr Langénieux, archevêque de Reims, regarda « comme un malheur pour la cause de l’Église » l’oubli « de tant de si grands services rendus par la plume, par la parole et par l’épée » ; plus véhément, le cardinal Guibert parla « d’une des plus grandes ignominies que l’histoire 'transmettrait à ceux qui viendraient après nous. Je n’avais pas grande confiance dans le suffrage universel, ajoutait l’archevêque de Paris ;

1. Avec 7.411 voix contre 6.400 à M. Grosjean. Inscrits : 17.017.

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