‹ Un Demi-Siècle de Défense Nationale et ReligieuseChapitre 83 sur 189 · Lettre du 2 février 1909 ( Journal de Belfort du · texte numérisé non relu

Lettre du 2 février 1909 ( Journal de Belfort du

LE DÉPUTÉ DE BELFORT

Le Député de Belfort saisit ainsi toute occasion de défendre des droits qu’une odieuse ingratitude paraissait méconnaître. Il assura aux annexés ayant préféré la nationalité française les indemnités pour pertes mobilières que leur refusait la loi allemande K II réclama pour les fonctionnaires d’Alsace et de Lorraine, ayant repoussé les offres séduisantes de l’étranger et n’étant pas encore replacés en France, de fortes indemnités : tel était le cas du millier d’instituteurs qui restaient sans traitement 1 2. Il fit replacer les titulaires de bureaux de tabac dépossédés par l’annexion : c’étaient pour la plupart des veuves ou filles d’anciens fonctionnaires morts au service de l’État, brusquement réduites à la misère et attendant encore, à la fin de 1873, la réparation de leur infortune 3 4. Il obtint les crédits nécessaires aux églises et aux écoles primaires des villages alsaciens créés en Algérie : le budget spécial de la colonie ne prévoyait que les dépenses relatives aux mosquées et écoles musulmanes, si bien que les colons alsaciens pouvaient demander au Gouverneur si l’Assemblée Nationale « avait voulu les tromper en les faisant venir dans ce pays pour y vivre comme des bêtes, sans religion et sans instruction \ Durant dix-huit ans, enfin, il ne cessa de protester contre le sort cruel réservé aux jeunes Alsaciens-Lorrains venant servir en France : incorporés à la Légion étrangère, ils y étaient mêlés aux déserteurs de tous pays, placés souvent sous les ordres d’officiers allemands, envoyés (à vingt ans) au Tonkin où il en mourut jusqu’à cinq cents par an... Cheville ouvrière de la Société de Protection des Alsaciens-Lorrains, Émile Keller fit ajouter en 1889, à la loi sur la Nationalité, l’article permettant aux enfants de Français ayant perdu la qualité de Français, c’est-à-dire aux jeunes Alsaciens-Lorrains, de la recouvrer par une simple déclaration et d’entrer directement dans nos régiments ou écoles militaires ; mais un formalisme excessif

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