et 19 juin
même. La nouveauté consisterait à renvoyer les vieux soldats au moment où ils donnent de bons gradés : cela « tuerait notre corps de sous-officiers ». La suppression du volontariat, clef de voûte de nos institutions militaires, tarirait de même le recrutement des officiers de réserve el de territoriale : « Je supplie la Chambre, concluait-il, de ne pas s’attacher à ce que des populations peu éclairées sur les conséquences de la loi peuvent en penser en ce moment. Alors même qu’on est dans la minorité, il n’est pas permis de voter des mesures qui peuvent nuire aux intérêts du pays. » M. Laisant, rapporteur, ayant observé que « toutes les fois que l’on essaierait de porter la main, si timidement que ce fût, sur une portion quelconque du vieil outillage monarchique qui subsistait encore dans ce pays, on devrait s’attendre à des résistances désespérées », le Député de Belfort n’eut pas de peine à relever, comme elle le méritait, cette tirade de réunion publique : « Vous le savez assez, je n’ai ici qu’une préoccupation : c’est qu’en république comme en monarchie, notre armée soit grande et forte. »
Écarté de la Chambre de 1881 à 1885, pour n’avoir pas cédé à d’autres préoccupations, il poursuivait sa campagne dans le journal Le Monde h II avait « compté que la France et son gouvernement vivraient avec la pensée de la revanche », et il constatait que la loi de recrutement porterait à l’armée « un dernier coup dont elle ne se relèverait pas ». Tandis qu’on caressait les passions démagogiques et qu’on leurrait le pays, — au point de lui laisser croire qu’on élèverait les effectifs tout en réduisant les charges militaires, — que se passait-il en Allemagne et qu’y prévoyait-on ? « Il est nécessaire avant tout, écrivait de Goltz dans son livre La Nation Armée, que nous comprenions et fassions comprendre à la génération que nous élevons que le temps du repos n’est pas encore venu, que la prédiction d’une lutte finale pour assurer l’existence et la grandeur de l’Allemagne n’est pas une chimère née dans la tête de fous ambitieux, mais qu’elle viendra inévitablement... Elle sera d’une violence destructive inconnue jusqu’à ce jour. Ce sera