‹ Un Demi-Siècle de Défense Nationale et ReligieuseChapitre 99 sur 189 · Officiel du 23 juillet · texte numérisé non relu

Officiel du 23 juillet

EMILE KELLER

au lieu de favoriser exclusivement l’industrie et les consommateurs. L’orateur proposa, en conséquence, le maintien des droits votés par le Sénat sur le bétail et les céréales autres que le blé : mais la Chambre le repoussa h

Défenseur des agriculteurs, Émile Keller l’était aussi des ouvriers, et l’on entendit ce catholique intégral défendre à la fois contre les « économistes » de droite et contre les révolutionnaires de gauche, les lois sociales sur lesquelles l’accord de tous les partis devait être si long à se faire.

La « liberté » révolutionnaire laissait les enfants et les femmes en proie, dans les manufactures, à la plus néfaste des exploitations. En 1873, une loi sur le travail des enfants fut proposée pour y remédier, mais avec un défaut de moyens qui rendait la protection illusoire. Se plaçant « sur le terrain de sentiments de juste fraternité et de juste égalité, en un mot de ces sentiments chrétiens qui sont traditionnels en France », Émile Keller réclama, non pas une loi platonique, mais une loi efficace, et proposa l’assimilation des délits prévus à des délits de droit commun que les officiers de police judiciaire seraient chargés de constater. A ceux qui prétendaient que c’était mettre l’industrie en suspicion, il répondait simplement que le code pénal nous mettait tous en suspicion, et que les industriels honorables n’avaient pas à prendre fait et cause pour les industriels capables d’attenter à la santé et à la moralité des enfants du peuple 1 2 3. Plus tard, il s’éleva avec la même vigueur contre le travail de nuit des femmes et filles mineures. « Adversaire aussi déterminé que personne du socialisme d’État », il n’admettait pas que l’État laissât aux mauvais patrons — sous prétexte de concurrence — la liberté « d’opprimer les faibles », et il demandait la prison pour les récidivistes \

11 estimait d’ailleurs que les conditions de travail de la classe ouvrière tout entière étaient à améliorer. Lorsqu’en 1879 la Chambre discuta le projet de loi abolissant la loi du 18 novembre 1814 sur le repos du dimanche, il déposa un

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