‹ Un demi-siècle de notre histoire, 1848-1900Chapitre 116 sur 132 · VL — LE DERNIER MINISTERE · texte numérisé non relu

VL — LE DERNIER MINISTERE

L'iNTERRicGNE ministériel dura du 12 juin au 28. Après des négociations laborieuses, qui préparaient la combinaison la plus étrange que l'on ait vue pendant vingt-neuf ans de République, un cabinet nouveau fut constitué, sous la présidence de Waldeck- Rousseau. Celui-ci prit l'intérieur et les cultes, et donna la justice à Monis, les affaires étrangères à Delcassé, les finances à Caillaux, la guerre à Galiffet, la marine à Lanessan, ancien gouverneur de l' Indo-Chine, devenant ainsi le collègue de Delcassé qui l'avait révoqué, l'instruction publique à Leygues, les travaux publics à Baudin, le commerce et l'industrie à Millerand, l'agriculture à Dupuy et les colonies à Decrais.

Ce cabinet, composé d'éléments qui paraissaient ne devoir jamais se rencontrer pour concourir à une œuvre commune de bonne admmis-

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tration, fut mieux accueilli par la Chambre que par le pays. Elle le soutint dans la première attaque dirigée contre lui, et s'associa dès lors à la double œuvre pour laquelle on prétendait qu'il avait été constitué : la révision du procès de Dreyfus et la désorganisation de l'armée.

Dreyfus, condamné par le conseil de guerre devant lequel il avait été traduit, avait vu sa condamnation confirmée par le conseil de révision, et il subissait sa peine à l'île du Diable. On chercha un fait nouveau, qui permît de recommencer le procès, et les magistrats de la Cour de Cassation, devant qui la cause fut portée, le renvoyèrent devant le conseil de guerre de Rennes, où il fut reconnu coupable de trahison par cinq voix contre deux, et condamné à dix ans de détention. Cette seconde sentence est du 7 août, et le 19, sur le rapport du ministre de la guerre, après que le condamné eut renoncé à se pourvoir, il fut gracié par le Président de la République.

On pouvait croire, selon le mot de Galiffet dans son rapport au Président, que « l'incident était clos ». Les partisans de Dreyfus, qui persistent à proclamer son innocence, ou qui se servent de ce prétexte pour entretenir l'agitation et désorganiser l'armée, continuent leur campagne dans la presse. Des journaux ont été fondés dans ce but, et d'autres y consacrent des efforts que l'on soupçonne n'être pas déterminés par un souci désintéressé de la justice. Au fond, ils ne peuvent espérer réhabiliter le condamné, qui, en renonçant à son pourvoi et en acceptant sa grâce, s'est reconnu coupable ; mais ils trouvent dans cette affaire une occasion d'accuser les officiers qui ont été occupés au précieux et difficile service des renseignements, et d'atteindre, par des accusations qui restent impunies, des généraux dont le caractère et la capacité inspiraient, au pays et à ses alliés, la confiance la plus entière et la plus justifiée.

Il n'est pas possible de supposer que cette étrange conduite soit déterminée par des motifs déshonorants et inavouables. Les traîtres et les corrompus ne sont, heureusement, que des exceptions en France. Il semble que deux motifs expliquent cette campagne contre l'armée. La première est la haine que les révolutionnaires ont toujours éprouvée et manifestée contre elle. La discipline qui fait sa force, et dont elle donne l'exemple, leur est odieuse. Ils affectent de croire encore que la garde nationale, c'est-à-dire la nation subitement armée, sans préparation technique et sans esprit militaire, peut tenir tête avec succès à une armée régulière, composée de soldats formés et conduits par des chefs expérimentés. Ils invoquent le triomphe des armées républicaines qu

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repoussèrent l'étranger aux premiers jours de la Révolution, oubliant que les cadres de la monarchie existaient encore, et que les généraux improvisés avaient, presque tous, fait leurs premières armes sous cette discipline qu'ils réprouvent. Les « sorties torrentielles» qu'ils prétendaient seules capables, en 1870, de délivrer Paris, procédaient de la même erreur, et si le gouvernement avait eu la faiblesse de s'y prêter, la population honnête qu'on y aurait entraînée, pendant que les habiles occupaient des postes moins exposés, aurait subi les plus cruels désastres. Comment une cohue, quelque nombreuse et brave qu'on la suppose, aurait-elle été plus redoutable à l'ennemi que des troupes régulières, à qui ne manquaient ni le courage, ni les chefs éprouvés, et dont les efforts se brisèrent devant une résistance dont la discipline faisait la force ?

Le second motif est d'un ordre tout politique. Les révolutionnaires de la presse, des Chambres et du ministère, sentent que le pays n'est pas avec eux. Ils ne se font pas illusion sur le jugement dont leurs actes sont l'objet, et ils savent que leur domination, qui a touché à toutes les institutions, à tous les intérêts, à toutes les convictions, à tous les corps, comme à un grand nombre d'individus, pour les opprimer et les violenter, est supportée impatiemment. Ils ne redoutent pas une insurrection, que les honnêtes gens ne font pas, même sous le coup des plus odieuses vexations et des plus cruelles injustices. Ceux-là seuls qui disposent de la force armée leur inspirent des inquiétudes. Ils n'oublient pas que, le 18 brumaire, c'est l'armée qui assura le succès de Bonaparte, et que, sans les grenadiers qui envahirent la salle des Cinq-Cents, le coup d'Etat avortait. C'est l'armée qui a fait le 2 décembre 1851. Ces deux dates inquiètent les imaginations révolutionnaires, et, pour empêcher qu'une troisième ne s'y joigne, ne pouvant supprimer l'armée, ils la désorganisent. La calomnie sert leurs projets, l'indiscipline est soufflée dans les casernes, la haine de l'officier est inspirée dans les cabarets, et les excitations les plus criminelles s'étalent, impunément, dans la presse. Il s'est trouvé des ministres de la guerre qui ont secondé cette odieuse campagne, et qui n'ont reculé ni devant la disgrâce des généraux et des officiers les plus méritants, ni devant l'avancement scandaleux de politiciens qui n'ont du soldat que l'uniforme, ni devant des mesures qui suppriment toutes les garanties accordées ou conservées par les régimes précédents dans l'intérêt de l'ordre, de la justice et de la stabilité dans l'armée.

Ainsi, elle a perdu successivement des généraux qui faisaient son

honneur et avaient sa confiance. Jamont, de Boisdeffre, Zurlinden, de Pellieux, Gonse, Néorier, et d'autres du même rane ou d'un rane inférieur, ont été successivement ou simultanément écartés, et rien n'est négligé de ce qui peut affaiblir et décourager cette grande et brillante institution, qui a si puissamment contribué, dans le passé, à mettre la France à la tète des nations.

Le 24 juillet 1899, mourait le sénateur Chesnelong, qui, dans sa longue carrière parlementaire, fut le défenseur éloquent de toutes les causes religieuses. Il ne servit pas avec moins de dévouement sa patrie que sa foi, et son nom restera comme un type d'honneur et de loyauté.

Le 1 2 août, Déroulède, des membres de la ligue des Patriotes et de l'association de la Jeunesse royaliste, furent arrêtés sous l'inculpation de complot contre la sûreté de l'Etat. Jules Guérin et ses amis s'enfermèrent au Grand-Occident, dans la rue de Chabrol, et y soutinrent un siège qui, heureusement, ne fut pas sanglant. Le 20 août, l'église de Saint- Joseph fut pillée, sous l'œil bienveillant de la police, et on n'arrêta que quelques misérables instruments de politiciens haineux.

Le 4 septembre, le Sénat fut constitué en Haute-Cour de justice, pour juger un prétendu complot. Le 14, Galiffet enleva à l'armée, et confia à la sûreté le service des renseignements. Ainsi fut détruite par un simple arrêté une organisation qui avait été laborieusement formée, et qui donnait à la France une sécurité complète contre les efforts de l'espionnage étranger. Le 18, quarante-cinq accusés de complot bénéficièrent d'une ordonnance de non-lieu, qui prouvait avec quelle légèreté l'information préliminaire avait été conduite. Le 30, la commission des grades fut privée de son droit de proposition pour l'avancement, et pour l'admission ou la promotion dans la Légion d'honneur. Ces faits accumulés en peu de jours témoignent d'une précipitation imposée par la frayeur, et d'aussi peu de souci pour la liberté des citoyens que pour la stabilité des institutions.

Le I 2 novembre, une perquisition fut faite avec un déploiement extraordinaire de police chez les Assomptionnistes, accusés de former une association de plus de vingt personnes, et, le 24 décembre, ils furent condamnés à seize francs d'amende et à la dissolution. Un archevêque et six évêques furent privés de traitement pour leur avoir donné des témoignages de sympathie. Le 15 novembre, le ministère, interpellé sur la politique générale, obtint une majorité de cent six voix. Il déposa deux projets de loi : le premier sur les associations,ou plutôt contre les congre-

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gâtions religieuses, auxquelles il refusait les garanties de droit commun. Le 1 2 mars de l'année suivante, la commission de la Chambre le rejeta, et adopta un autre projet dont le but était le même, mais qu'elle croyait plus propre à rallier les voix de la Chambre, parce qu'il était, si c'est possible, plus hypocrite.

Le second projet imposait un stage de trois ans, dans les lycées et les collèges, à tout aspirant aux fonctions publiques et aux écoles du gouvernement. La Chambre refusa, le 21, d'en confier l'examen à une commission spéciale, et le renvoya à la commission de l'enseignement. Cette commission rejeta, le 1 1 janvier, la proposition Rabier, qui avait été élaborée dans le convent maçonnique tenu à Rennes, et qui rétablissait le monopole universitaire.

La proposition Levraud, qui interdisait l'enseigiiement aux congrégations religieuses, eut le même sort. Les sectaires attendaient quelque chose de plus général et de plus efficace. Les hommes qui savent de quel prix est la liberté, s'indignaient de la voir ainsi audacieusement ou perfidement violée.

Le 19 novembre, eut lieu l'inauguration du monument le Triomphe de la République. Le Président de la République y assista, et ne protesta contre l'exhibition du drapeau rouge qu'en se retirant. On put se rendre compte de la confiance qu'inspirait, aux socialistes les plus avancés, la présence dans le ministère de deux de leurs chefs, et mesurer toute la pauvre étendue de l'autorité dont disposait, par sa faute ou par celle de la Constitution, le dépositaire du pouvoir souverain.

Les grèves se multipliaient partout, et mettaient en péril un grand nombre d'industries. Ces grèves, dent quelques-unes étaient déterminées par des motifs d'intérêt pour les ouvriers, et dont la plupart ne reposaient que sur de misérables prétextes, étaient fomentées par des agitateurs politiques, qui se mettaient peu en peine des souffrances qu'elles imposaient à des familles malheureuses. Elles étaient soutenues, presque partout, par des secours étrangers. L'industrie anglaise et allemande gagne tout ce que perd l'industrie française, et il n'est pas étonnant qu'elle favorise tout ce qui peut, chez nous, entraver le travail, diminuer la production, et compromettre même l'existence de maisons et de compagnies dont la concurrence est redoutable, ou la supériorité reconnue.

Les grèves dans les ports et dans les grands services publics sont particulièrement funestes. Indépendamment du tort qu'elles font au commerce en grénéral et aux industries locales, elles détournent de nos

côtes le trafic qui fait leur prospérité, et portent à la vie nationale une atteinte profonde. On comprend que les étrangers s'en réjouissent et les favorisent par leurs subsides. On comprendrait moins l'appui que leur donnent des partis politiques, si l'on ne savait jusqu'à quel point la passion aveugle.

Le 2 1 décembre, les grévistes du Doubs se mettaient en route pour Paris, où ils allaient demander la protection du gouvernement pour leurs revendications, du travail et du pain. On s'effraya, et la force armée les arrêta devant Belfort, en leur facilitant le retour dans leurs foyers. Ce danger, qui eût été très grand si l'exemple avait eu des imitateurs, ne suspendit pas les excitations des fauteurs de grèves, et ne détermina pas le gouvernement à protéger plus efficacement les ouvriers qui ne demandaient qu'à travailler tranquillement. Il semble que cette liberté soit un droit, et qu'il y ait, pour le gouvernement, un devoir strict de ne pas le laisser opprimer; mais il y a des gouvernements toujours prêts à s'incliner devant ceux qui menacent, et à considérer comme des rebelles ceux qui n'ont à invoquer que la raison et la justice.

Cependant la Haute-Cour siégeait, pour juger les accusés du complot. Elle n'avait pas l'attitude grave et réfléchie d'un tribunal qui ne recherche que la vérité. Les accusés se défendaient énergiquement, et, pour tout esprit impartial, le complot disparaissait. Marcel Habert, qui était à l'étranger, se présenta, demandant à être jugé avec ses co-accusén. Sa cause fut disjointe pour être examinée séparément, quoique l'accusation fût la même et que la répression ne pût être différente. Déroulède, qui protesta contre cette disposition avec une violence que légitimait son caractère arbitraire, fut condamné à deux ans de prison.

Le 2 janvier 1900, Godefroy, de Sabran-Pontevès, de Ramel, de Vaux, Barillier et Dubuc furent acquittés par la Haute-Cour; Buffet, Déroulède et de Lur-Saluces, condamnés à dix ans de bannissement, et Guérin, qui, dans \^ fort Chabrol, avait tenu en échec la police et la force armée, à dix ans de réclusion.

Le 6 février, Brisson déposa une proposition déclarant nulles toutes dispositions entre vifs ou par testament en faveur des membres d'une congrégation, et le gouvernement invita les évêques à retirer la direction des séminaires à toute congrégation autre que celle de Saint Sulpice. En même temps, il déposa un projet de loi condamnant les ministres du culte de quinze jours à un mois de prison pour critique ou censure contre l'autorité publique. Le 23, Brisson demanda la confiscation des biens

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des congrégations au profit d'une caisse de retraite pour les ouvriers. Le 4 avril, une circulaire du ministre de l'intérieur et des cultes invitait les évêques à « faire cesser les missions et prédications extraordinaires données par des membres des congrégations non autorisées. »

Ces mesures et ces actes de tradition jacobine, et qu'on ne peut signaler sans rougir pour les députés ou les pouvoirs qui s'en rendent coupables, n'étonnent pas quand ils émanent d'hommes dont le jugement est faussé par la pHssion, ou qui sont habitués, dans les sociétés secrètes, à subordonner la raison et la justice à la satisfaction d'une haine aveugle. On ne comprend pas que les détenteurs d'un pouvoir qui, par les hasards de la politique, dispose de l'honneur et des destinées d'un grand pays, consentent à s'y associer. Lorsque nous serons sortis de la crise qui étreint aujourd'hui la France, la divise profondément et consume ses forces, on ne pourra croire à de pareils attentats contre les droits les plus sacrés,de la part de ceux qui ont reçu la mission de les défendre.

Le 30, une loi dont l'intention est bonne, mais qui procède de l'ingérence du gouvernement daiis les affaires privées, fixa à onze heures la journée de travail pour les femmes et les enfants, et la réduisit, dans deux ans, à dix heures et demie, et dans quatre, à dix heures.

Le 4 avril, les Assomptionnistes, sur le désir du Pape, abandonnèrent la direction de la Croix. Ce journal, fondé modestement en 1880, s'était rapidement répandu, et exerçait une influence qui gênait plusieurs de ses confrères ennemis, et avait été plusieurs fois signalée à la tribune comme un danger public. Il n'y avait pourtant rien d'agressif dans sa rédaction-; il n'excitait pas les citoyens à la haine les uns des autres, à la violation de la loi, à l'insurrection contre les pouvoirs publics, à des attentats criminels contre les personnes et les propriétés. Docile aux directions pontificales, il respectait la forme gouvernementale établie, et se contentait, comme c'était son droit et son devoir, de défendre l'Eglise et de combattre les lois qui ont pour but de l'asservir, et de rendre impossible en France l'exercice de son saint et salutaire ministère sur les âmes.

Les Assomptionnistes se sont soumis comme des fils dévoués à un désir qu'ils savaient inspiré par des considérations de haute prudence et de suprême conciliation. Leurs efforts de vingt ans auraient été compromis s'il ne s'était trouvé un jeune et vaillant catholique pour reprendre leur œuvre, et faire que « la Croix fût toujours la Croix ».

Les vœux des catholiques et leur appui ne manqueront pas à Paul

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Féron-Vrau, le nouveau propriétaire et directeur du journal fondé par le P. Bailly.

Le II avril, la politique du g^ouvernement fut approuvée par deux cent une voix. Le 13, les manifestations de deuil en usage depuis des siècles, dans les ports, le Vendredi-Saint, furent interdites, et nos marins, en qui la présence continuelle du danger entretient la foi, eurent la douleur d'être les seuls, parmi les équipages des nations civilisées, à ne pas rendre hommage au grand mystère de la Rédemption consommé en ce jour.

Le lendemain, 14, Samedi-Saint, s'ouvrit prématurément l'Exposition universelle. Cette date n'était pas celle qu'avait indiquée le décret du Président en 1892, et les travaux d'ensemble ou de détail étaient loin d'être terminés. Cette hâte, qui fut cause de nombreux et graves accidents, ne s'explique pas. L'Exposition n'a pas reçu la bénédiction de l'Église, que les libres-penseurs du ministère ne jugent pas nécessaire, mais pourquoi transformer en fête un jour de deuil ? pourquoi outrager la foi de l'immense majorité de la France? Le hasard ne fait pas de ces rencontres, et celle-ci fut aussi odieuse que puérile. Elle a causé la mort de plusieurs ouvriers et de nombreux visiteurs, produisant, pendant les premiers mois, une hésitation qui fut préjudiciable aux affaires des exposants.

L'Exposition de 1900 a été une grande manifestation des progrès de l'art et de l'industrie. Par son étendue, la masse et la hardiesse de ses constructions, l'emploi de toutes les forces de la nature dont l'homme s'est rendu maître, le nombre des objets exposés, la diversité des styles, qui offrait en spectacle le génie de toutes les nations, la perfection de certains produits, la fécondité des inventions utiles, qui ont pour but et pour effet d'augmenter le bien-être et de diminuer les difficultés de la vie, la place qu'elle a faite à des souvenirs rétrospectifs, aux beaux-arts, aux œuvres de la pensée et de l'imagination, enfin par les attraits qu'elle a multipliés pour solliciter et satisfaire une honnête et laborieuse curiosité, l'Expositi jn a obtenu un légitime succès, et lorsqu'elle a fermé ses portes, au mois de novembre, on a pu, comme pour tout ce qui disparaît, énumérer ce qui a fait sa grandeur, et s'en réjouir.

Tout n'a pas été cependant digne d'éloges, et fécond en heureux résultats. Des exhibitions de cette nature, quand elles sont trop rapprochées, exigent des efforts considérables. Les souvenirs sont encore présents, et il faut frapper les yeux par un spectacle plus grandiose et plus attrayant. On cherche alors moins ce qui est utile, que ce qui plaît ou étonne. On

fait des dépenses improductives, et on oblige les exposants à des frais que couvriront difficilement, ou que ne couvriront pas du tout, les recettes du moment et celles de l'avenir. Le plus grand nombre des visiteurs est attiré par la nouveauté ; il faut donc lui offrir ce qui l'appelle, le retient ou le ramène, et on montre une indulgence coupable pour des spectacles immoraux. Peut-être l'Exposition de 1900 est-elle moins répréhensible, sous ce rapport, que celle de 1889. Cette infériorité atténue le reproche, sans mériter la louange. Un pays s'honore en n'offrant à la curiosité que ce qui peut la satisfaire ou lui être utile, sans blesser la morale et sans effrayer de justes susceptibilités.

Si les souverains étrangers se sont, pour le plus grand nombre, abstenus, parce qu'il ne leur convenait pas de se trouver en contact avec un gouvernement dont les actes ne répondent pas aux convictions et aux sentiments de la majorité de la nation, leurs sujets sont accourus en foule, la province s'est précipitée vers la capitale, et le nombre des visiteurs a dépassé celui des Expositions précédentes. Certaines industries parisiennes y ont gagné, mais beaucoup d'exposants ou d'établissements, qui avaient payé fort cher les emplacements qu'on leur avait concédés, ont formulé des plaintes légitimes et sollicité des indemnités. Plusieurs ont obtenu gain de cause, mais combien ont dû se résigner à des pertes considérables ! La province, qui a épuisé ses économies pour obéir au courant et satisfaire sa curiosité, se ressentira longtemps des sacrifices qu'elle s'est imposés, et l'année de l'Exposition comptera pour elle comme une de ces années qui, sans apporter aux industries diverses aucun avantage, sont pour les fortunes médiocres une épreuve dont elles ne se relèvent que difficilement.

Le 16 avril, l'église d'Aubervilliers fut pillée et incendiée. Cet attentat, comme celui qui venait d'être dirigé contre l'église Saint-Joseph, était le résultat inévitable des excitations quotidiennes d'une certaine presse contre le clergé et la religion catholique.

Au mois de mai, les élections municipales donnèrent des résultats divers. Pendant que plusieurs grandes villes réélisaient leurs conseils socialistes, d'autres, qui avaient souffert d'une domination aussi préjudiciable à leurs intérêts qu'à leurs convictions, secouèrent le joug. A Paris, sur quatre-vingts conseillers municipaux, cinquante conservateurs ou patriotes formèrent une majorité remplaçant celle des socialistes ou collectivistes, qui avaient si longtemps dirigé les affaires de la capitale, dissipant les finances, persécutant tout ce qui avait un caractère reh-

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gieux, et multipliant dans tous les services municipaux les abus et les excès.

Cet échec était d'autant plus significatif, que son caractère était essentiellement politique, et qu'il atteignait directement le gouvernement, dont les sympathies pour l'ancien conseil n'étaient pas douteuses.

Le 2 2, le ministère déposa un projet de loi établissant l'impôt sur le revenu. Cette mesure fait partie du programme des gauches. Elle a été plusieurs fois proposée par l'initiative personnelle, et promise par des déclarations ministérielles. Le Parlement l'a toujours repoussée ou ajournée. Il n'est presque pas de revenu qui ne soit atteint par les lois fiscales, la proposition semble donc inutile ; mais ce que les socialistes demandent de plus, touche si directement les fortunes particulières et offre un caractère si arbitraire, si inquisitorial et si vexatoire, qu'il n'y a pas un seul homme politique, ayant quelque souci de la justice, qui puisse l'accepter.

A cette occasion, et dans un grand nombre d'autres circonstances, la Chambre a offert le plus triste spectacle. On se figure qu'une assemblée délibérante, qui traite les questions les plus graves, prend les résolutions les plus importantes pour les intérêts généraux et les droits des particuliers, fait des lois et engage l'avenir du pays, — discute gravement, respecte la minorité et n'écoute que la raison. Quiconque a pu assister à ces séances, a vu combien il y a loin de cet idéal à la réalité. La majorité y est toujours intolérante, et lorsqu'elle ne peut répondre aux plaintes formulées, nier les faits rapportés, promettre le redressement des griefs signalés, et opposer des arguments à ceux que font valoir les adversaires, elle étouffe leur voix sous les clameurs, ou sous le bruit de ses pupitres. On dit d'une expression hasardée, violente ou grossière, qu'elle n'est pas « parlementaire ». C'est une ironie. A la Chambre des Députés, et même au Sénat, dont le nom semblerait garantir plus de modération et de convenance, les personnalités éclatent à tous propos, les injures sont échangées, les provocations se croisent, et les voies de fait ne sont arrêtées que par l'intervention amicale des collègues, et même officielle des huissiers. Il y a cependant un article 107, dans le règlement, ainsi conçu : « Toute interruption, toutes personnalités, toutes manifestations troublant l'ordre, sont interdites. » Mais que peut la loi contre la passion, et comment le président, qui est le gardien de la dignité de la Chambre, pourrait-il la mettre au-dessus de l'atteinte des partis, lorsqu'il ne dispose que de certaines pénalités ? Il ne peut les appliquer, presque toujours,

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qu'avec l'assentiment de ceux qui ont violé le règlement, et la minorité est toujours sûre d'être frappée, lorsque les membres de la majorité restent impunis et triomphants. Un frein moral pourrait seul empêcher, ou punir ces excès, mais quel est le frein moral capable de dompter les passions politiques?

L'Exposition avait été une espèce de trêve consentie par les journaux et les partisans de l'affaire Dreyfus. Un ancien député, Reinach, l'instigateur secret et persévérant de cette campagne anti-patriotique, avait déclaré dans un discours, à Digne, qu'elle serait reprise par le gouvernement lorsque l'Exposition aurait fermé ses portes. Les journaux indépendants signalèrent cette menace, et la Chambre s'en émut. Par quatre cent trente-cinq voix contre trente, elle invita le gouvernement à s'opposer à cette reprise. Cette manifestation significative n'a pas empêché le condamné de protester de son innocence, et ses amis de continuer une agitation qui divise de plus en plus le pays, le détourne de ses véritables intérêts au dedans et au dehors, et consume ses forces.

Le 29 mai, le général André remplaça au ministère de la guerre le général de Galiffet, qui s'était retiré en déclarant qu' « il en avait assez ».

Le 2 juin, le Sénat vota l'amnistie pour tous les faits relatifs à l'affaire Dreyfus. Cette amnistie a été étendue par la Chambre à de nombreux délits. Les Assomptionnistes et les condamnés de la Haute-Cour en ont été exclus, et cette mesure de clémence est devenue une œuvre de haine. Elle a profité à des délits de droit commun, a rendu vaines les réclamations les plus légitimes et supprimé les répressions les plus nécessaires, en même temps qu'elle consacrait les injustices les plus criantes.

Le 16, mourut le prince de Joinville, fils de Louis- Philippe, qui s'était distingué au bombardement de Saint-Jean-d'Ulloa, et avait acquis, dans la marine, une popularité justifiée par son caractère et ses services. Il s'était montré, avec son frère le duc de Nemours, le partisan dévoué de la réconciliation des deux branches françaises de la maison des Bourbons, séparées par la révolution de 1830.

L'assassinat du roi Humbert produisit, à la fin de juillet, une vive émotion. Ce n'était pas un crime isolé. Si l'on a pu dire, en 1820, que le poignard de Louvel, qui frappa le duc de Berry, était « emmanché d'une idée libérale », il n'est pas moins vrai que les attentats contre divers

souverains de l'Europe, les assassinats de Carnot, de l'impératrice d'Autriche, du ministre espagnol Casanovas et du roi Humbert, sont « emmanchés d'une idée révolutionnaire ». On ne sait pas ce qui s'agite au fond des sociétés secrètes, mais ce que l'on peut dire, c'est que « la propagande par le fait » y est enseignée, et qu'il n'y a plus aucune sécurité pour les souverains qui ne pactisent pas avec la Révolution.

La Chambre reprit ses séances le 6 novembre, après la clôture de l'Exposition. La France vit sous le régime parlementaire, mais les ministères éloignent autant que possible, quand ils ne sont pas contraints par la Constitution, les sessions du Parlement. C'est ce qui arriva lorsqu'on voulut reprendre l'affaire Dreyfus : tout était fait lorsqu'il fut convoqué ; c'est ce que le ministère Waldeck- Rousseau n'a pas hésité à renouveler, malgré toutes les réclamations, à la fin de 1900. Il ne pouvait supprimer la session, parce que le budget n'était pas voté. Il l'a retardée autant qu'il l'a pu, et la discussion de cette loi, qui impose à la France plus de quatre milliards, a été conduite avec une rapidité qui rendait illusoire tout contrôle sérieux. On n'a pu éviter un douzième provisoire, puisque le Sénat n'a été saisi du budget complet que dans les premiers jours de 1901, et qu'il ne pourra l'examiner et le voter que dans la session fixée par la Constitution au deuxième mardi de janvier. Mais on y mettra la même hâte, et le Sénat, comme toujours, sera contraint, pour obéir aux vues du ministère, d'accorder rapidement ce qu'il n'aura pu examiner que d'une manière superficielle, et par conséquent insuffisante.

La question du budget touche à tout ; elle est étroitement liée à la conduite politique du pays. C'est ce que disait avec une haute raison un ministre de Louis XVI II, le baron Louis, qui eut le mérite de rétablir l'ordre dans les finances, profondément troublé par l'invasion, et de faire face à toutes les exigences des traités de 1815 sans compromettre le crédit de la France, et sans lui demander de trop lourds sacrifices. « Faites-moi de la bonne politique, disait-il à ses collègues, et je vous ferai de bonnes finances. » Tout se tient, en effet, dans le gouvernement, et on peut dire, quand les impôts sont excessifs, quand les dépenses inutiles ou imprudentes se multiplient, que la politique est mauvaise.

Le premier Empire fit presque continuellement la guerre, mais les dépenses qu'elle rendait nécessaires étaient payées par les indemnités imposées aux vaincus. Le budget de 1804 était de neuf cent quinze

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millions, celui de 1811, d'un milliard trois cent dix-neuf millions. En 1815, la dépense totale s'élevait, après des armements formidables et des travaux publics rapidement exécutés, à quinze milliards deux cent quatre-vingt-douze millions.

La Restauration paya tout ce qui était dû, acquitta les indemnités de guerre et les frais de l'occupation d'une partie de notre territoire jusqu'en 1818, fit la guerre de 1823 en Espagne, l'expédition de Morée en 1827, prit Alger en 1830, et ne négligea rien de ce qui pouvait faire la prospérité du pays. Lorsqu'elle succomba, son budget n'atteignait pas un milliard.

Le gouvernement de Louis-Philippe eut un budget plus élevé, sans que l'on pût encore, malgré les plaintes de l'opposition, concevoir des craintes pour nos finances. Les exigences gouvernementales devenaient plus grandes de jour en jour, et il fallait faire face à des besoins nouveaux. L'augmentation était ainsi justifiée et ne dépassait pas les ressources.

Le budget du second Empire s'accrut d'année en année, par les guerres qui rendaient des emprunts nécessaires, et les travaux entrepris qui exigeaient des dépenses considérables. Après les désastres de « l'année fatale », il fallut payer les cinq milliards d'indemnité, entretenir les troupes d'occupation, dédommager ceux qui avaient souffert de la guerre, subvenir aux dépenses faites, sans compter, à Paris et en province, par le gouvernement de la défense nationale, et à celles qu'imposa la répression de la Commune.

Lorsque le budget de 1874 fut voté, le territoire était libéré, les engagements contractés étaient tenus, et tout était payé. Le budget s'élevait à deux milliards neuf cent soixante-six millions. Il liquidait tout le passé, et paraissait dev9ir marquer le terme des sacrifices imposés au pays. Cette espérance a été trompée. Chaque budget, depuis cette époque, et particulièrement depuis 1878, a suivi une marche rapidement ascendante, et celui de 1901, que la Chambre a voté avec une précipitation rappelant l'affolement d'un homme qui se jette tête baissée dans une entreprise dont il ne veut pas mesurer les conséquences, parce qu'il en est épouvanté, s'élève à quatre milliards trente millions.

Il n'est pas inutile de remarquer que seuls, les quatorze budgets de la Restauration se sont clos avec des excédents réels. Les régimes suivants ont tous abouti, pour des causes diverses, à des déficits plus ou rrtoins considérables.

La principale cause de ces déficits est l'initiative parlementaire en fait de finances. Lorsque le gouvernement présente un budget aux Chambres, il l'a établi en subordonnant les dépenses aux recettes. S'il en était autrement, on se trouverait sans cesse en présence de l'imprévu, et il arriverait inévitablement que le trésor ne pourrait faire face à des exigences légitimes. La balance n'existerait plus, et l'État se trouverait dans la situation difficile d'un particulier dont les dépenses dépasseraient le revenu. C'est la situation que crée, particulièrement depuis 1878, la Chambre des Députés. Lorsqu'elle examine, sur le rapport de sa commission spéciale, les divers chapitres du budget, il se rencontre des députés qui, obéissant au désir intéressé de favoriser certains services, ou à celui de conserver les bonnes grâces de leurs électeurs, proposent des crédits nouveaux, ou l'augmentation de ceux qui avaient paru suffisants. L'équilibre se trouve alors rompu, et on ne le rétablit que d'une manière fictive, en élevant le produit espéré de certains impôts. L'habitude est tellement prise et acceptée, qu'il y a peu d'articles du budget qui échappent à ce procédé dangereux.

Cette ingérence funeste des députés s'était produite en 1816, à l'occasion de la consolidation intégrale de l'arriéré. Le gouvernement la repoussa. Le baron Pasquier et Royer-Collard, qui ne siégeaient pas sur les mêmes bancs.se trouvèrent d'accord pour condamner cette innovation, en montrant que, si elle s'introduisait, «le gouvernement passerait tout entier dans les Chambres. » La proposition fut rejetée, mais, depuis, les députés ont pris leur revanche ; ils font payer aux finances nationales les frais de leur élection, et du budget de 1819, qui montait à huit cent quatre-vingt-seize millions avec quarante millions d'excédent de recettes, nous sommes arrivés à un budget de plus de quatre milliardsqui, comme tous les précédents depuis vingt-cinq ans, aboutira au déficit.

Au moment où la Chambre des Députés votait fiévreusement le budget par un nombre dérisoire de voix, deux faits importants se produisaient au dehors.

La Russie, notre récente et loyale alliée, suit avec une attention discrète ce qui se passe chez nous. L'armée russe et l'armée française, réunies, tiendraient tête à l'Europe coalisée. Il importe donc qu'elles soient, l'une et l'autre, maintenues dans les conditions qui font leur force. Or, en France, l'armée est impunément outragée par la presse, qui poursuit de ses injures et de ses calomnies les officiers les plus braves et les plus recommandables. Le ministre de la guerre paraît s'associer à

cette campagne de trahison par des persécutions mesquines, des injustices flagrantes et des préférences qui soulèvent l'opinion. C'est la désorganisation de l'armée, et les journaux spéciaux de la Russie l'ont signalée avec étonnement et douleur. Leurs réflexions ont paru la preuve d'un refroidissement dans les rapports entre les deux pays, et peut-être l'indication de dispositions à une rupture. C'est un fait grave, et qui inspire de pénibles appréhensions. Un gouvernement qui aurait souci des intérêts et de l'avenir du pays en serait ému, et prendrait au plus tôt les mesures les plus énergiques pour dissiper des inquiétudes légitimes, en mettant fin à des accusations injustes, et en rétablissant toutes les garanties que, sous une pression anti-patriotique, il a enlevées à l'armée et à la défense nationale.

Le second fait est la lettre écrite le 23 décembre, au Cardinal Richard, archevêque de Paris, par le Pape Léon XI IL L'existence des Congrégations est menacée par une loi sur les associations. Il appartenait au chef de l'Eglise, admiré universellement pour la connaissance de son temps.sa vigilance et son autorité, de défendre ces corps, contre lesquels l'impiété dirige tous ses efforts, parce qu'elle ne peut méconnaître l'influence bienfaisante qu'ils exercent sur toutes les parties de la société chrétienne. Il veut empêcher d'irréparables malheurs pour la France, qu'il aime d'un amour persévérant, malgré de nombreuses et cruelles déceptions, et il espère éclairer ceux que des préjugés aveuglent.

Les règles et les vœux des religieux, que tous les siècles ont respectés, n'ont rien de contraire à une forme de gouvernement quelle qu'elle soit, leur but unique étant d'élever les âmes à la perfection, et de travailler au salut du prochain et au soulagement de toutes les misères de l'humanité. La France a donné de tout temps ces grands exemples de désintéressement et d'abnégation. Ses religieux, hommes et femmes, ont porté dans toutes les parties du monde son nom, sa langue et son prestige. C'est sur l'action constante de ces âmes généreuses qu'est fondé le protectorat de la France, partout où les intérêts chrétiens sont engagés. Si les Congrégations sont nécessaires à la vie de l'Église, elles ne le sont pas moins au. rôle que la France est appelée par sa foi, ses traditions et son esprit d'initiative à jouer au dehors, et dont toutes les nations sont jalouses.

Frapper les Congrégations, ce serait donc porter atteinte à l'influence de la France, violer les principes démocratiques de liberté et d'égalité, bases du droit constitutionnel qui nous régit, et déchirer violemment le pacte qui nous assure la liberté du culte catholique.

LA TROISIEMK REPUBLIQUK.

Si des mesures injustes étaient prises contre les Congrégations, le Pape ne pourrait plus résister aux sollicitations des puissances étrangères qui aspirent, depuis longtemps, à partager ce privilège envié, ou à nous l'enlever.

Cette lettre, qui expose avec tant de vérité le rôle des Congrégations religieuses et leur nécessité, est empreinte d'une profonde tristesse. Le Pape ne désespère pas, mais il craint, et il invite tous les évêques français, à qui ses considérations sont adressées comme à l'archevêque de Paris, à s'efforcer d'éclairer les esprits et à travailler au salut des Congrégations religieuses, dont l'existence importe à l'Église, à la France et à l'humanité.

L'année 1900 et le XIX« siècle ne pouvaient se clore plus dignement que par un document d'une si haute raison, d'une expression si touchante, d'une autorité si souveraine, et d'une charité si profondément évangélique.

fifipitrK Dipème.

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