MONSEIGNEUR D'HULST
loi. La loi ne tient, en effet, aucun compte de la volonté du père de famille pour l'éducation de ses enfants.
Les dernières années du XIX^ siècle ont offert le même spectacle d'hommes dont le seul souci est de détruire dans les âmes l'influence chrétienne. Dominés par une haine aveugle, ils ne voient pas la décadence profonde qu'ils préparent à l'intérieur, où l'absence de toute conviction religieuse compromet tous les rapports sociaux, et produit une effrayante recrudescence de crimes, contre les personnes et les biens, commis par des jeunes gens, et presque par des enfants. Ils ne sont pas
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éclairés par la joie de nos ennemis, qui n'applaudissent à leurs détestables efforts que parce qu'ils se rendent compte de tout ce que nous perdons, dans le monde, de prestige moral et de puissance politique. Exclusivement occupés à rechercher les moyens de combattre et d'opprimer le cléricalisme, c'est-à-dire, comme ils ne craignent pas de l'avouer, la religion catholique, ils ne voient rien de ce qui se passe audelà de nos frontières. Toutes les puissances européennes cherchent et obtiennent, particulièrement en Asie et en Afrique, des dépôts de charbon, des points d'appui, des protectorats et des territoires. L'unique ambition de ces singuliers politiques est de détruire l'organisation de l'armée, de décourager les meilleurs officiers, de se débarrasser de ceux en qui une éducation chrétienne a uni, aux vertus du soldat, celles de l'homme privé, et de faire une guerre sans relâche aux congrégations, qui, à l'intérieur, instruisent l'enfance et la jeunesse, prient pour ceux qui ne prient pas, relèvent les malheureuses que le vice avait déshonorées, se vouent, au péril de leur vie, au service des infirmes et des malades les plus rebutants, répandent les vérités qui sauvent et les consolations qui réconcilient avec l'existence, et qui, au dehors, dans les plages les plus lointaines et dans les climats les plus meurtriers, vont faire connaître Dieu, respecter les lois de l'humanité, ouvrir les âmes à la civilisation, aimer la France, et lui permettre de continuer à exercer cette « magistrature » qui, dans le passé, l'a placée à la tête des nations. Cette nomenclature des efforts tentés et des résultats obtenus par les ennemis de la religion chrétienne, est certainement incomplète. Elle suffit pour faire naître les appréhensions et les douleurs les plus légitimes. La main de l'historien tremble en l'écrivant, et de son cœur, douloureusement ému par le mal déjà fait et celui qu'on médite, s'élève vers Dieu une. ardente prière, pour « qu'il se lève et que ses ennemis soient dissipés. »
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