‹ Un demi-siècle de notre histoire, 1848-1900Chapitre 14 sur 132 · IV.— LUTTE ENTRE L'ASSEMBLEE ET LE PRÉSIDENT · texte numérisé non relu

IV.— LUTTE ENTRE L'ASSEMBLEE ET LE PRÉSIDENT

LE parti démagogique, trompé dans ses espérances et battu aux élections du 13 mai, cherchait une revanche. La question romaine lui en fournit le prétexte. Le 1 1 juin, Ledru-Rollin déposa une demande d'accusation contre le ministère. « La Constitution a été violée, dit-il, nous la défendrons par tous les moyens possibles, même par les armes. » Le choléra, qui décimait alors Paris et venait d'enlever le maréchal Bugeaud, n'arrêta ni les agitations de la rue, ni les violences des journaux, ni les projets insurrectionnels des sociétés secrètes. Une proclamation accusa le président et le ministère d'avoir fait la guerre sans le consentement de l'Assemblée, et le 13, un cortège formé d'ardents révolutionnaires, auxquels se joignit une foule de curieux et d'indifférents, se mit en marche par la ligne des boulevards. Changarnier, qui avait le commandement des troupes, se porta immédiatement en force sur son passage, prit la foule des manifestants en travers, fit les sommations, et ordonna la charge du côté de la Madeleine et du côté de la Bastille.

La rapidité avec laquelle les positions avaient été occupées et l'attitude de la troupe ne laissèrent aucun doute sur l'issue de la lutte, si elle s'engageait. Au premier mouvement, tout fut aussitôt dégagé, et la foule

se dispersa précipitamment. Il n'y eut pas de résistance, et tout se borna aux accidents inévitables dans une fuite désordonnée.

Les députés qui reconnaissaient Ledru-Rollin pour leur chef, s'étaient

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