‹ Un demi-siècle de notre histoire, 1848-1900Chapitre 2 sur 132 · PREFACE. VII · texte numérisé non relu

PREFACE. VII

La France est la nation catholique par excellence. Aussi, cest sur elle que se sont concentrés les efforts des sectes anti-chrétiennes. Elles étendent partout leurs ramifications, et partotU elles aspirent à dominer ; mais, dans aucun État, elles n'ont montré contre les doctrines, les institutions et les hommes, tme haine aussi ardente et, il faut le reconnaître, aussi habile et aussi persévérante.

Atteindront-elles leur but ? Cest ce que chacun se demande avec anxiété, et ce qui donne aux faits dont nous sommes les témoins une importance exceptionnelle.

L'histoire conte/nporaine est, en grande partie, le récit de cette lutte. Nous avons tâché de ne rien négliger d' essentiel, mais les faits sont si nombreux, et les forts effaits pour déchristianiser la France si étendus, que beaucoup ont dû nous échapper. Il suffira que le but des sectes soit mis au jour par ce récit, et que les catholiques y trouvent des motifs pour comprendre que leur devoir est de lutter sans se lasser sur tous les terrains.

Le danger n'est pas moins grand au point de vue politique qu'au point ae vue religieux. Au travail de déchristianisation se Joint un travail de dissolution nationale. Il a, lui aussi, son origine en dehors de nos frontières, mais il trouve à l'intérieur des complices. Il ri est pas une de nos forces sociales qui n'ait été atteinte, ou par un dessein formel de nos ennemis, ou sous l' influence de l'esprit révolutionnaire qui pénètre tout, et finit par tout corrompre.

Cette fin de siècle fait naître les plus poignantes inquiétudes, non seulement pour l'ordre présent et la prospérité à venir, mais pour l 'existence même de notre pays. En voyant tout s'affaiblir, se décomposer et se dissoudre, on se demande avec terreur si les destinées de la France seraient finies. Notre politique extérieure semble subordonnée à celle dun pays dont on a surpris la main datts toutes nos révolutions. Le régime intérieur donne tout à l'intrigue, méconnaît les intérêts les plus légitimes et viole les droits les plus sacrés. La criminalité augmente d'une manière effrayante, et la répression devient de plus en plus aveugle et indulgente. L'impiété s'affiche ouvertement et commande la

yr[[ UN DEMI-SIÈCLE DE NOTRE HISTOIRE.

persécution. L'enfance est pervertie par une neutralité scolaire qui détruit toute idée morale, et lâche la bride aux appétits les plus violents. Ceux qui ont une part quelconque de gouvernement regardent les autres, quelle que soit la moralité de leur vie, et quelques services quils rendent, comme des ennemis qu'il faut combattre à outrance et anéantir. La population ouvrière est en proie atix excitations les plus malsaines, et les doctrines les plus fausses lui sont présentées comme le remède à tous ses maux, et comme la base d'une société nouvelle où les jouissances de toute nature abonderont, lorsque l'état social actuel aura été violemment détruit.

Le danger est donc grand et la catastrophe paraît inévitable. Ce serait vrai si la France s' abandonnait au désespoir, ou se réfugiait dans une inertie aussi commode que coupable. Dieu « a fait les nations guérissables », mais à la condition qu'elles voudront être guéries, et qu'elles prendront, pour obtenir le retour à la vie et à la santé, les tiioyens propres à reconstituer leur vigueur physique, intellectuelle et morale.

L'Église a fait la vieille société française en lui donnant les vertus qui ont vaincu la barbarie. Elle reconstituera la société du XX^ siècle en lui faisant répudier l'héritage de la Révolution, et en substituant aux erreurs religieuses, sociales, économiques et politiques qui oppriment le droit et enfantent [anarchie, la justice qui « élève les nations » et la vérité qui € les délivre ».

Pour cette grande œuvre de réparation et de progrès, il faut des hommes qui comprennent leur devoir, et qui soient résolus à l'accomplir, quoi qu'il en coûte. Que Dieu les donne à la France, et qu'ils se montrent dignes de leur mission !

C'est le vœu et c'est l'espoir de tous ceux qui aiment Dieu et leur patrie.

j/ décembre içoo.

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gïijiitrE Premier.

1848. — 2 DÉCEMBRK 1851.)

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