III.— LA POLITIQUE INTÉRIEURE
L'empire, c'est la paix, avait dit le président à Bordeaux, en 1852. L'empereur annonçait le 2 mars 1854 la déclaration de la guerre à la Russie, Sébastopol était pris le 8 septembre 1855, et le traité du 16 mars 1856 réglait pour quelque temps la question d'Orient.
Le Corps législatif, résolvant la question de la propriété littéraire, depuis longtemps discutée et qui touche à de si graves intérêts, vota une loi sur les droits des veuves des auteurs, compositeurs et artistes, et de leurs enfants. Il discutait le budget, lorsqu'il reçut une demande d'autorisation de poursuites contre un de ses membres. Dans une lettre privée adressée au procureur-général Dupin, pour un discours prononcé au comice agricole de Corbigny, Montalembert s'exprimait sur l'Empire avec une entière liberté, c'est-à-dire qu'il n'en approuvait pas certains actes sur lesquels le silence était commandé. La lettre fut publiée dans \ Indépendance belge, et irrita vivement les hommes du gouvernement.
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Montalembert se défendit contre l'accusation d'avoir attaqué les institutions existantes. Il n'hésita pas à reconnaître qu'il s'était rallié à l'Empire, parce qu'il espérait qu'il se montrerait « honnête et modéré », mais il ajouta que, malheureusement, son attente avait été trompée. Il termina son discours par ces mots : « Vous pouvez donner le corps de la France, mais n'oubliez pas de compter avec son âme ; cette âme engourdie se réveillera un jour : c'est la liberté ! » L'autorisation accordée fut suivie d'une ordonnance de non-lieu. Le gouvernement, qui avait obéi à un mouvement de mauvaise humeur, aurait été embarrassé d'une condamnation. Il fut assez clairvoyant pour ne pas exposer ses magistrats à lui déplaire, ou à faire douter de leur indépendance.
Le Corps législatif adopta des lois supprimant la mort civile pour les condamnés à la déportation et aux travaux forcés , les bagnes répartis dans nos ports, et ordonnant la relégation pour ceux qui avaient subi de nombreuses condamnations pour des délits caractérisés. Il étendit l'obligation des livrets pour les ouvriers, réduisit à seize le nombre des académies, que la loi de 1850 avait établies au chef-lieu de chaque département, et institua dans chacune d'elles un conseil de neuf membres du corps enseignant et de sept étrangers. Ce conseil, qui avait un caractère consultatif pour les questions d'enseignement, devenait un tribunal pouvant infliger des peines disciplinaires. Le nombre des membres étrangers pouvait accroître son prestige ; il lui enlevait une partie de sa compétence professionnelle. Le budget fut voté en trois jours à l'unanimité des deux cent cinquante-sept membres présents, qui en approuvèrent ainsi toutes les dispositions. Il était de quinze cents millions, comme celui de l'année précédente.
L'empereur, pour accomplir les prescriptions du testament de Napoléon Jer, attribua cinquante mille francs à chacun des vingt-six départements qui avaient souffert des deux invasions. Il avait créé un camp à Boulogne, où il passait des revues, et où il reçut la visite du prince Albert, mari de la reine d'Angleterre. Il préparait depuis son avènement une entente cordiale avec la nation qui avait été la plus constante et la plus implacable ennemie de son oncle, dont, pour tout le reste, il imitait la conduite. Cette entente était devenue une alliance contre la Russie.
Il rendit la liberté à Barbes, détenu depuis le 15 mai 1848, pour son attentat contre l'Assemblée constituante. Cette mesure fut déterminée par la publication d'une lettre dans laquelle le célèbre révolutionnaire applaudissait à la guerre contre la Russie. Barbes n'accepta pas sa grâce,
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parce qu'il aurait pu paraître l'avoir sollicitée, mais, rendu malgré lui à la liberté, il quitta la France.
L'empereur ouvrit le 26 décembre la session de 1855, s'applaudit de l'union intime avec l'Angleterre, exprimant l'espoir de pouvoir en dire autant de l'Autriche et de l'Allemagne, annonça une nouvelle levée de cent quarante mille hommes, un emprunt, et célébra l'exposition universelle qui allait s'ouvrir. Billault, devenu ministre de l'intérieur, fut remplacé à la présidence du Corps législatif par Morny,qui avait été le collaborateur le plus actif et le plus résolu du coup d'État. L'emprunt de cinq cents millions fut voté sans discussion. C'était pour le Corps lépislatif le moyen le plus sûr de montrer son dévouement à l'Empire et à l'empereur.
Après avoir voté une loi sur la transcription des actes hypothécaires, le Corps législatif s'occupa de la création d'une caisse de dotation pour l'armée, du rengagement des soldats et des sous-officiers, du remplacement et des pensions militaires. La pensée qui avait présidé à ces diverses lois, était de former une armée où les vieux soldats, retenus sous les drapeaux par des avantages pécuniaires et certains privilèges de situation, conserveraient fidèlement les traditions de discipline, de courage et d'honneur, qui étaient depuis des siècles le patrimoine de nos illustres régiments.
Une taxe sur les chiens fut établie, et une nouvelle loi municipale votée. L'empereur garda le droit de nommer les maires des communes de trois mille habitants au moins, et laissa aux préfets la nomination des autres. Les maires et adjoints pouvaient être pris hors du conseil municipal, et même hors de la commune, et être su.spendus par le préfet, qui devait en référer au ministre. Un décret impérial était nécessaire pour leur révocation.
Le budget fut voté en trois séances. Il s'élevait à seize cents millions. Les découverts atteignaient la moitié de cette somme. L'empereur, qui avait toujours été prodigue de sa fortune, ne pouvait guère ménager celle de la France, ni recommander l'économie aux départements et aux communes. La ville de Paris, sous l'initiative infatigable du préfet Haussmann, était couverte de chantiers ; des travaux extraordinaires s'ouvraient de toutes parts. Elle fut autorisée à contracter un emprunt de soixante millions. L'opération parut considérable alors. Depuis, combien de fois elle a été dépassée ! En fait d'emprunts, la pente est rapide, lorsque surtout ceux qui les contractent ne sont pas obligés de les payer.
58 CHAPITRE DKUXIÈME.
L'empereur fit, le i6 avril, avec l'impératrice, une visite à la reine d'Angleterre, dans le but de resserrer les liens qui. unissaient les deux gouvernements et les deux pays, de montrer que l'Empire était non seulement accepté, mais recherché par les vieilles monarchies, et de détruire ainsi les derniers nuages qui pouvaient rester ailleurs. Le voyage dura huit jours, et la réception fut des plus cordiales.
Le 28 avril, un Italien nommé Pianori tira contre l'empereur, sans l'atteindre, un coup de pistolet dans la grande avenue des Champs- Elysées. Immédiatement arrêté, il se défendit d'être un vulgaire assassin. Il reprochait à l'empereur d'avoir détruit, par l'expédition de Rome, la liberté de sa patrie, pour laquelle il avait combattu autrefois. Traduit devant la cour d'assises, il fut condamné à mort. Son dernier cri en montant à l'échafaud fut : Vive la Répitblique ! Il devait avoir des imitateurs, et ce n'est pas en vain que l'empereur avait été en 1831 l'ami et le complice des insurgés italiens.
L'exposition s'ouvrit le 15 mai. Toutes les nations y étaient représentées à l'exception de la Russie, et le nombre des exposants dépassa vingt mille. 1, 'Angleterre avait donné, en 185 1, le signal de ces appels à l'industrie du monde entier. Ils se sont multipliés depuis, et il n'est pas une nation qui ne les ait faits à son profit. Il est à craindre que le désir de sortir de chez soi, l'amour des nouveautés et la démoralisation y aient gagné plus que l'industrie et les arts. Il s'est fait d'un autre côté, grâce aux études provoquées par ces exhibitions, un nivellement qui a changé d'une manière inquiétante les conditions économiques des nations, dont jusqu'alors la supériorité avait été incontestée dans la fabrication de certains produits. Leurs secrets ont été découverts, et une concurrence, souvent désastreuse, a payé la gloire que de hautes récompenses leur avaient donnée.
Une session législative extraordinaire fut ouverte le 2 juillet 1855. Le Corps législatif vota un emprunt de sept cent cinquante millions pour les frais de la guerre contre la Russie, garantit un emprunt de six cent vingt-cinq millions contracté par la Porte, et fixa à cent quarante mille hommes le contingent de la classe prochaine.
Le 10 août, la reine Victoria rendit, avec le prince Albert, la visite que l'empereur et l'impératrice leur avaient faite en Angleterre. Il y eut une réception somptueuse, de solennelles démonstrations et des fêtes splendides ; les deux peuples parurent plus étroitement unis par l'amitié de leurs souverains. Le duc de Brabant, héritier présomptif de la couronne
de Belgique, et le roi de Sardaigne profitèrent aussi, dans leur visite à l'exposition, de l'hospitalité fastueuse et délicate de l'empereur. La présence de ces souverains à Paris était une consécration, avidement quoique discrètement provoquée, de l'Empire.
Le 29 décembre, les troupes revenues de Crimée furent reçues à Paris par l'empereur et la population avec le plus grand éclat. Tout concourut à donner à cette réception une solennité exceptionnelle. La France avait suivi avec une attention passionnée toutes les péripéties de la lutte devant Sébastopol.ElIe ne pouvait qu'acclamer les vainqueurs, et les témoignages multiples de son admiration prouvèrent que le courage n'est jamais mieux apprécié que par ceux qui en ont l'instinct et la tradition.
Le 20 mars 1856, l'impératrice donna le jour à un prince qui reçut au baptême le nom de Napoléon-Eugène-Louis-Jean-Joseph, et eut pour parrain le pape Pie IX, représenté par le cardinal Patrizi, légat a /a^ere. La marraine était la reine de Suède, que représentait la grande-duchesse de Bade. Des grâces furent accordées à cette occasion, et tous les transportés qui déclarèrent se soumettre loyalement et s'engagèrent à respecter les lois, purent rentrer en F"rance.
Cette naissance était un grand événement qui pouvait assurer l'avenir de la dynastie napoléonienne. Elle comblait les vœux de l'empereur au moment où la gloire couronnait ses armes. Les esprits inquiets étaient rassurés, et il n'y avait place ni pour les espérances des royalistes, ni pour une tentative quelconque de manifestation républicaine. L'opinion publique n'était pas moins intolérante à cet égard que la police impériale, et cet événement donna plus de partisans à l'Empire que les meilleures lois, et la situation que lui faisait en Europe la gloire de nos soldats en Crimée.
La cour de cassation avait déclaré que la loi du 27 juillet 1849 interdisant de distribuer des livres, écrits et brochures, sans autorisation du préfet, sappliquait au.x bulletins électoraux. Montalembert porta la question à la tribune du Corps législatif, mais n'obtint rien. L'administration ne voulait perdre aucun des moyens de conduire l'opinion.
La taxe municipale sur les voitures et les chevaux fut adoptée par 179 voix contre 55. On n'était pas habitué à un pareil partage. Aussi, le Sénat s'opposa à la promulgation.
L'empereur reçut le droit d'accorder des pensions de vingt mille francs ou plus, aux veuves et aux enfants de hauts fonctionnaires. Il devenait ainsi, comme les anciens rois, le distributeur des grâces et des faveurs.
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Un projet de loi sur les douanes souleva la question du libre échange et des traités de commerce ; on tâtait l'opinion et on la préparait. L'empereur était trop ami de l'Angleterre pour ne pas subir, en quelque manière, et surtout sur les questions économiques, son influence.
Une loi sur les sociétés en commandite tenta vainement de mettre un frein aux excès de la spéculation ; on lui avait laissé toute liberté afin de donner de l'activité aux affaires et de mettre en mouvement les intérêts. Il devenait difficile de la maintenir dans de justes bornes.
Les inondations du Rhône et de la Loire appelèrent l'empereur à Lyon, à Valence, à Avignon, à Montélimart, à Orange, et quelques jours après à Tours, à Blois, à Beaugency. Partout, il laissa ou annonça des secours abondants, et la charité publique se joignit à la bienfaisance officielle. Il promit, ce qui était plus difficile à exécuter, de maintenir, par de grands travaux, les fleuves dans leur lit.
La discussion du budget de 1857 occupa six séances. La fin de la session fut consacrée à une loi sur une caisse de retraite pour la vieillesse, au tarif des sucres des colonies françaises, au drainage. Le temps que des Parlements plus libres perdent dans des interpellations souvent puériles, quelquefois imprudentes ou dangereuses, était consacré par le Corps législatif, dont le travail était préparé par le conseil d'État, à des institutions utiles et à des réformes nécessaires.
Le 8 juillet, le Sénat, à l'unanimité, vota la régence qui fut déférée à l'impératrice. L'empereur suivait la tradition royale, et donnait un témoignage public de sa confiance envers sa femme.
La France était tranquille, et si le gouvernement avait de nombreux ennemis, il ne les craignait ni dans le Sénat ou le Corps législatif, qui lui appartenaient, ni dans la presse, dont il était le maître par l'autorisation et l'avertissement, ni dans les sociétés secrètes, qu'il avait dissoutes ou qu'il surveillait. Il se félicitait de ne point trouver d'obstacle à ses desseins, oubliant qu'un frein empêche plus de catastrophes qu'il ne cause d'embarras. Comment aurait-il pu éviter le danger? L'opposition ne pouvait se produire que discrète, dans les académies et les salons. La police, par habitude, et aussi pour montrer son zèle, s'en inquiétait. Autrefois on chansonnait les ministres quand on ne pouvait rien contre eux ; alors, on colportait des couplets, on se communiquait avec précaution des pages venues de l'exil, on se vengeait par le ridicule, sans s'apercevoir que cette arme était émoussée et ne tuait plus. Les séances de l'Académie, où les épigrammes de bon goût abondaient, étaient un régal
avidement recherché. On se dédommageait enfin par la parole de ne pouvoir rien par l'action. Les hommes du pouvoir s'en préoccupaient plus peut-être qu'il n'eût été convenable. On s'habitue si facilement à n'être ni blâmé, ni contredit !
Le 3 janvier 1857, Mgr Sibour, archevêque de Paris, fut frappé d'un
coup de couteau dans l'église de Saint-Étienne-du-Mont par un prêtre interdit et atteint de monomanie. Cet événement produisit une profonde et universelle réprobation. Verger, déclaré coupable sans circonstances atténuantes, fut exécuté.
La session de 1857 s'ouvrit le 16 février, par un discours dans lequel l'empereur se félicita de l'affermissement de la paix en Europe. Il dit
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avec réserve, mais avec une manifeste satisfaction, la part de la France dans la guerre glorieuse à laquelle un traité venait de mettre fin. Le Corps législatif vota une dotation annuelle de cent mille francs pour le maréchal Pélissier, duc de Malakoff, la conversion en loi des décrets rendus en matière de douane depuis février 1S55, un code de justice militaire, un impôt indirect sur les valeurs mobilières, le budget, la fusion de la Compagnie du chemin de fer de Lyon avec celle de la Méditerranée, le prolongement du privilège de la Banque de France et le doublement de son capital. Sa session fut close le 29 mai, et l'élection de la nouvelle Chambre fixée au 21 juin.
Cette élection se fit dans les conditions antérieures, qui ne laissaient pas même une apparence à la liberté. La candidature officielle fut soutenue partout par des moyens propres à la faire sûrement triompher, c'està-dire en rapport avec l'état d'esprit des populations : ici ouverte, là dissimulée, modérée sur un point et violente sur un autre. L'accusation de représenter les idées démagogiques portée indistinctement contre tous ceux qui n'avaient pu obtenir, ou n'avaient pas voulu accepter l'estampille gouvernementale, souleva contre des hommes honorables de vives répugnances, et compromit ou empêcha leur succès. L'opposition n'obtint que cinq nominations : Carnot, Goudchaux, Emile Ollivier, Darimon à Paris, et Hénon à Lyon. La presse indépendante n'avait pu soutenir ses candidats qu'avec la plus extrême réserve. Elle n'échappa pourtant pas aux sévérités de l'administration dont elle était justiciable, quand elle n'était pas traduite devant les tribunaux. L Estafette reçut un avertissement, et l' Assemblée nationale fut suspendue pendant deux mois.
La mort du chansonnier Déranger, cher aux bonapartistes et aux libéraux pour la guerre acharnée qu'il avait faite à la Restauration et à la religion, pouvait provoquer des manifestations qui dégénéreraient en troubles. Il avait été aussi ardemment républicain que bonapartiste. Les républicains risquaient de le réclamer, et, sous prétexte de lui rendre hommage, de protester contre l'Empire. Le gouvernement renouvela le procédé qui avait si bien réussi pour Arago, et lui fit faire des obsèques aux frais de la liste civile impériale. Les députations officielles occupèrent la place où se seraient donné rendez-vous les ennemis de l'Empire, et cette spirituelle confiscation, qui n'aurait pas été à la portée de tout le monde, évita peut-êtreune journée orageuse.
Une trop rigoureuse compression excite aux complots. Mais si l'Empire provoquait des mécontentements et entretenait des haines, ce n'est pas en
France qu'il trouvait des conspirateurs. Les sociétés secrètes de l'Italie avaient longtemps travaillé dans l'ombre. Leurs membres purent, sans être inquiétés, se répandre en France. Ils payèrent cette hospitalité par de criminels attentats.
Le 6 août 1857, Tibaldi, Grilli et Bartolotti furent condamnés à la déportation par les assises de la Seine, comme coupables d'un complot suivi d'un commencement d'exécution. Mazzini, Campanella, Massarenti et Ledru-Rollin, absents, furent déclarés complices. Ces condamnations passèrent presque inaperçues, parce que le plan des conjurés, trop tôt découvert, n'avait pas été exécuté. Il suffisait, pour justifier une condamnation, qu'il eût été conçu.
L'empereur créa une médaille commémorative pour tous les soldats de terre ou de mer ayant combattu sous le drapeau français de 1792 à 18 15 ; c'était rappeler la mémoire du grand empereur et les gloires de l'Empire. Il visita Rouen au milieu d'une population enthousiaste, inaugura l'achèvement du Louvre, se rendit au camp récemment créé de Châlons, visita à Stuttgard le roi de Wurtemberg, et eut de longs entretiens avec le tzar Alexandre II, successeur, depuis le 4 mars 1855, de Nicolas I*^"". Les ministres des affaires étrangères des deux nations, Walewski et Gortschakoff, accompagnaient leurs empereurs, ce qui prouve que ces relations n'étaient pas de pure courtoisie.
Le nouveau Corps législatif fut convoqué le 28 novembre. L'empereur n'ouvrit pas la session. Aucun événement important ne pouvait lui offrir une occasion favorable pour s'adresser à l'opinion. Des six membres de l'opposition nommés, Cavaignac était mort, Emile Ollivier et Darimon prêtèrent serment, Carnot, Goudchaux refusèrent, et Hénon envoya par écrit son i adhésion à la formule prescrite par l'article 14 de la Constitution du 14 janvier 1852 ». Le président, Morny, déclara ce procédé irrégulier, et Hénon prononça «la formule du serment ». Le gouvernement avait eu le soin de déclarer qu'il ne s'agissait pas d'une vaine formalité, mais d'un engagement positif
La vérification des pouvoirs donna lieu à de longs débats. La candidature officielle ne pouvait être niée, et le gouvernement la revendiquait comme un droit ; mais jusqu'à quel point pouvait-elle aller sans opprimer .-* C'est ce qu'il était difficile de déterminer, et chacun jugeait, moins d'après les faits que selon sa situation. Le Corps législatif ne pouvait condamner un système dont presque tous ses membres avaient profité.
Le 14 janvier 1858, au moment où la voiture de l'empereur et de
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l'impératrice était sous la marquise de l'Opéra, trois bombes firent explosion, n'atteignirent pas ceux contre qui elles étaient dirigées, et frappè-