II. — SEDAN
LE 74e et le 50^ de ligne, le 16^ bataillon de chasseurs à pied, un régiment de turcos et un régiment de chasseurs à cheval.qui faisaient partie du i^'' corps, campaient au nord de Strasbourg, près de la frontière. Le 5 août au matin, l'armée allemande se montra sur les hauteurs de Schweigen, village bavarois, et son artillerie alluma plusieurs incendies dans Wissembourg.
Le général Abel Douay attaqua résolument ce premier corps. Il était inférieur en nombre, et ne pouvait opposer que quelques pièces à la redoutable artillerie allemande. Sa division se maintint longtemps sous une pluie de mitraille, sans pouvoir aborder l'ennemi qui, protégé par ses canons, resta hors de portée. Elle fut enfin contrainte de céder, après avoir perdu 3.500 hommes, parmi lesquels son général, et ses débris échappèrent avec peine à une destruction complète.
Le général Frossard avait abandonné les hauteurs de Sarrebrlick, que se hâtèrent d'occuper le général Steinmetz et le prince Frédéric-Charles. Le 6 août, à une heure de l'après-midi, ils attaquèrent le 2«^ corps. Le 76^ le yy^ de ligne, et un bataillon de chasseurs à pied, soutinrent le premier effort, furent un moment ébranlés, mais, fortifiés par la division Bataille, repoussèrent l'ennemi. Cependant, à neuf heures du soir, les renforts arrivés à l'armée allemande nous obligèrent à la retraite, et le corps du général Frossard se replia sur Saint-Avold, où le maréchal Bazaine était en forces. Forbach comme Wissembourg honorait notre bravoure, mais donnait à l'ennemi une confiance qui lui préparait de nouveaux succès, pendant qu'il faisait entrer l'incertitude dans les esprits de nos soldats.
Le maréchal de Mac-Mahon s'était placé entre les Vosges et la forêt de Hagueneau. Il avait trente-trois mille hommes, et se trouva tout à coup en présence de cent vingt mille Prussiens, commandés par le prince royal de Prusse. Sa première division était placée, la droite en avant de Freischwiller, la gauche dans la direction de Reischoffen ; une brigade de sa troisième division occupait un contrefort en avant de Freischviller, sa quatrième était à droite de la troisième, et la division Dumesnil, du septième corps, en arrière. La troisième division restait en réserve avec deux brigades de cavalerie légère, et la division de cuirassiers du général Bonnemains.
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