LE GÉNÉRAL DE CHARETTE
rieur à tous les droits et à tous les intérêts, la souveraineté nationale, le niaient obstinément dans leur conduite.
C'est ainsi que la guerre a été prolongée en dehors de toutes les conditions qui pouvaient en assurer le succès, et qu'elle s'est terminée par des sacrifices dont une partie nous aurait été épargnée, si la France avait été maîtresse d'elle-même. C'est ainsi que des emprunts onéreux
ont été contractés à l'étranger, lorsque, dans d'autres conditions, le crédit du pays eût largement donné ce que réclamait la défense. C'est ainsi qu'au moment où des Français faisaient bravement leur devoir sur le champ de bataille, des spéculateurs traitaient des affaires, et poursuivaient de coupables bénéfices au détriment de la santé et de la vie de ceux dont ils avaient fourni les vivres, les armes, les remèdes et les vêtements. C'est ainsi, enfin, qu'au moment où l'union étroite de tous les Français, avec une seule pensée et un même but, était le plus nécessaire, elle a été rompue dans les circonstances les plus critiques, et que des excitations imprudentes ou criminelles ont légué à un avenir prochain les germes des plus douloureuses et des plus sanglantes dissensions.