‹ Un demi-siècle de vie, 1848-1901Chapitre 5 sur 26 · MADAME BEATRIX DES FONTENELLES · texte numérisé non relu

MADAME BEATRIX DES FONTENELLES

Pour lo déparlcmeut de la Vendée.

Ail- : \y.: cK.Niivucvii m: uhabant

Ou : DE SAI.N r-CllIÎISTOl'HE

Je vais coutef l'édifianle histoire Des crimes de madame Béatrix;

Son repentir et sa mort méritoire

Pour les pécheurs sont vraiment d'un grand prix,

Car Dieu, par grâce,

Lui donna place

Au temps jadis Dedans le paradis.

Dans un château hérissé de poternes Elle habitait sur les bords de l'Yon, Roulant toujours des yeux fixes et ternes. Aussi farouches que ceux d'un lion :

Chaque jour, elle Voulait, cruelle.

Pour son fricot Un enfant au maillot!

Son intendant, pourvoyeur de ses crimes, Sur les minuit, tous les jours lui servait Sur un plat d'argent les pauvres victimes Entourées de choux verts et de navets;

Au lieu de piquette,

Dans une cuvette

Elle buvait le sang Du petit innocent.

Depuis longtemps elle mangeait l'enfance Des métayers et bordiers d'alentour.

Et chacun était en grande méfiance De voir enfin ses drôles avoir leur tour.

Son caractère

Ne pouvait plaire

A ces parents Qui aimaient leurs enfants.

Pour éviter la rage dévorante

De celle qui les tenait sous ses lois.

Les pauvres mères, éperdues et tremblantes.

Avec leur fruit fuyaient au fond des bois ;

Et leur retraite

Restait secrète.

Grâce au bon Dieu Qui en cachait le lieu.

Ces excès de bombances criminelles De tant d'enfants ont causj le trépas, Qu'autour du noir château des Fontenelles

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