‹ Un Démoniaque. Espagnes. Histoires du bord de l'eauChapitre 20 sur 62 · LA POMPE-FUNÈBRE · texte numérisé non relu

LA POMPE-FUNÈBRE

Joris-Karl Huysmans l'a burinée en trois coups d'ongle dans son étude sur Félicien Rops: face glacée et vide, canaille et dure, yeux limpides, au regard fixe, le regard fixe et cruel des Tribades, bouche un peu grande, fendue droite, nez régulier et court.

Elle était, il y a un an à peine, inquiétante comme une menace à la corrida de .Max Lebaudy, car c'est une fanatique et elle n'en manquait pas une de la rue Pergolése.

Aux beaux temps envolés des courses de taureaux, c'était une assidue de la Plaza; singulière était même son attention à chaque banderille enfoncée dans le cuir saignant du taureau, puis elle n'y reparut plus; elle avait déserté cette inutile parade, ce mardi-gras de « Tra los Montes » en pleine vogueparisienne, en plein engouement de coulisse et d'alcôve. On la rencontra quelques soirs aux Invalides, autour des répugnantes exhibitions des Aïssaouas faisant grésiller leur joue fendue et leurs paupières à vif au-dessus d'un brasier, puis ce fut tout, oncques on ne la revit: la Pompe- Funèbre avait quitté Paris, Paris, bazarenvahi par la vermine d'Orient etdes deux Amériques, le Paris des agences Cook et des trains à prix réduits.

Pendant quatre ans le monde des cirques et des acrobates respira,- délivré comme d'un poids, d'un opprimant cauchemar. La trêve vient d'expirer : la Pompe-Funèbre vient d'être signalée, la Pompe-Funèbre est de retour à

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