‹ Un démoniaqueChapitre 12 sur 40 · HARICOT VERT Ï4I · texte numérisé non relu

HARICOT VERT Ï4I

férence de ce jeune homme imberbe! A la fois indigné et ravi, je l'admirais en silence; lui ne semblait même pas se douter que j'étais là et flexible et fier, il continuait de ramer dans les papiers du poète, à distance, quand, la manche de sa jaquette verte s'étant un peu relevée, je vis qu'un étroit bracelet de platine incrusté d'aiguës et d'opales lui cerclait le poignet.

A ce moment, la porte du fond s'entre-baillait et l'Immortel entrait. Quoique myope, il avait saisi le mouvement du jeune homme car, la bouche pincée et l'œil comme en recul derrière son monocle, il s'avançait à petits pas vers le remueur de manuscrits et avec un sourire méchant de toute sa tace grasse : « Tous mes regrets, monsieur le duc, mais je ne puis vous recevoir aujourd'hui »; et me désignant du doigt au jeune homme tout à coup redressé devant lui :

ff J'ai un poète. »

Ce frêle et blanc poignet d'éphèbe cerclé c'e

platine et d'opales, comme un poignet de cour tisane un peu princesse, je devais le retrouver manœuvrant cette fois au-dessus des gemmes et des pierres de choix d'un prestigieux artiste orfèvre et ciseleur, chez Barucchini, ce dompteur de métaux qu'on croirait échappé de Florence. Maître sculpteur à la manière des BenvenutOj son officine connue des seuls amateurs se cache au fond de cette si curieuse vieille . cour de la rue Visconti, la plus étroite peut-être des anciennes rues de Paris.

Délicieusement pâle et transparente, la main dégantée de l'homme au bracelet planait et voltigeait avec d'infinies lenteurs au-dessus d'un tas de pierres dures, lapis-lazulis, sardoines, onyx et cornalines piquées çà et là de rubacelles, de topazines et d'améthystes; et la main parfois se' posait, tel un oiseau de cire, au milieu, désignant du doigt la gemme choisie.

Le complet vert imyrte m'avait reconnu et la

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