DIFFICULTÉS POLITIQUES
ont fait plus lard, ne fùl-ce qu'en 1848, de stériles meà culpà. Mais ils se résignèrent avec dignité aux faits accomplis ; ils respectèrent, comme il convenait, l'ordre qu'on s'efforçait d'en faire sortir, et le gouvernement nouveau n'eut rien à reprocher ni à leur attitude ni à leurs actes < b.
Cependant la réaction qui se produisit alors généralement contre le clergé ne pouvait épargner les ecclésiastiques dé Doué. Ce ne fut toutefois qu'en 1831 que les tracasseries commencèrent à devenir inquiétantes. On ne sait si elles trouvèrent leur occasion dans une étourderie de collégien ou des manœuvres malveillantes.
Le 7 mai, un rideau suspendu à une fenêtre du collège représenta parait-il, à la population de Doué, le drapeau blanc. L'affaire n'eut pas de suite, ayant été expliquée sufBsamment au maire et au sous-préfet par les documents du principal. Le père d'un élève ne se tint pas aussi facilement pour satisfait ; il voulut du moins se donner la satisfaction d'une manifestation opposée. Son fils arriva au collège, un beau matin, à la fin du même mois, la boutonnière du veston ornée d'un ruban tricolore. Chef d'un établissement qui réunissait deux cents enfants partageant les opinions et les affections dominantes dans leurs familles, M. Dernier avait le droit de prendre les mesures nécessaires pour maintenir le bon ordre et la concorde. Il fit enlever le ruban par un régent, en déclarant qu'il ne blâmait point l'usage
I Notice^ !'• édil., p. 169.
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des Irois couleurs quand elles feraient naturellement parlic de la toîletle, comme dans un ruban de sûreté pour la montre. Le principal ajouta que, si un élève êlait assez audacieux pour mettre une cocarde blanche el tout autre emblème du gouvernement déchu, il le punirait exemptairementelsévèrementcomme séditieux; mais que, si un élève portait la nouvelle cocarde, il le punirait comme désobéissant à ses ordres.
Dans la petite ville, et par ce temps d'effervescence politique, ces faits furent diversement racontés et appréciés. Il ne manqua point de gens pour y trouver un esprit intolérablement réactionnaire. D'autres préiendirent que, si M. Bernier avait de la modéralion, au moins en apparence, les professeurs en manquaient el (|uc peut-être se conformaient-ils à des ordres secrets du supérieur. Ces bruits revinrent promptement aux oreilles du recteur, qui résolut avec empressement de inellri' fin aux privilèges dont M. Bernier était favorisé dans le choix de ses professeurs. Le nouveau gouvernement avait cru prudent de faire des changements dans tous les collèges. Pourquoi laisserait-on celui de Doué échappera cette mesure générale, et les incidents ne marquaient-ils pas que l'esprit de l'établissement avait besoin d'être modillc ? En conséquence le recteur décida de i-bolsir les professeurs, de les envoyer de plain-pied, et de commencer celle année-là même en changeant, sans aucune demande préalable du principal, les régcnis de seconde, troisième et sixième.
Lamée précédente, quand on parlait de sa nomination de proviseur, M. lîcrnier avait pensé à un de ses