‹ Un dernier GallicanChapitre 11 sur 162 · LETTRE AU RECTEUR · texte numérisé non relu

LETTRE AU RECTEUR

amis pour son successeur à Doué, et il lui aurait volontiers remis le collège, sur de voir continuer les marnes règles de direction. En restant à son poste sous le gouvernement nouveau, le principal ne faisait point de sacrifice, mais il entendait bien qu'on ne lui en demandât pas. Il ne voulait surtout aucun changement qui, en aliénant la confiance des ecclésiastiques, aurait fait du collège un établissement purement universitaire, c'est-à-dire, croyait-il, incapable de subsister dans cette petite ville. Plutôt que de devenir spectateur de la ruine de son œuvre et simple employé d'un monopole, M. Dernier pensa tout de suite donner sa démission. Cependant il essaya d'abord de modifier les dispositions du recteur par la lettre suivante.

« Il y a dix ans que je conduis le collège de Doué. Si rétablissement a prospéré, je me plais à reconnaître hautement que la bienveillance et Tindulgence de vos prédécesseurs ont été tout à la fois les conditions nécessaires et les causes les plus efficaces de ce succès. Je viens donc, M. le Recteur, réclamer de votre part les mêmes dispositions et je vous avouerai franchement que je compte les trouver en vous : une autorité qui s'est toujours montrée paternelle ne peut que m'inspirer de la confiance quand je la vois déposée dans vos mains, M. le Recteur, dans les mains d'un membre de la famille angevine, d'un compatriote... Si je parle d'indulgence ce n'est point une vaine formule de modestie. Assurément j'ai besoin d'indulgence, pour moi-môme, et à tous égards. Mais il s'agit ici de l'établissement, de la nature et de certains éléments extra-universitaires, sans lesquels il est impossible qu'il prospère, autrement qu'à titre de petite école. Je ne crains pas de penser tout haut avec vous, afin que vous connaissiez et ma pensée et la droiture de mes intentions.

a; LETTRE AU RECTEUR

.1 Lj moitié de nos élévgs sont i\ives ecclésiastiques et pro- Ilj;cs par Monseigneur l'Evèque d'Angers, ils se distinguent par leur e\cellgnte conduite et par leurs progrés. S'ils se retiraient, nos euurs seraient sans émulation, sans consistance ; par là aussi lus dépenses du personnel devenant de plus en plus disproportionnées aux revenus, il serait nécessaire de supprimer les classes élevées, de confier plusieurs classes à un même régent, etc., etc. Mais il est manifeste que la confiance de l'autorité ecclésiastique et celle des familles qui destinent leurs enfanls au sacerdoce suppose que les fonctionnaires donnent des garanties suffisantes, non seulement pour les principes et pour une conduite exempte de bUme, mais pour les croyances religieuses et pour une conduite véritablement chrétienne. Cette confiance de l'autorité ecclésiastique et des familles, cette conduite des régents qui ne fait point contraste avec la vocation au sacerdoce, voilà des éléments pris en dehors de l'université, éléments que, du reste, elle n'a jamais jugés hétérogènes et avec li'squL'Is je ne lui connais point d'incompatibilités. Mais il arrivera quelquefois, par suite de cette condition de rétablissement qui m'a été confié, que je paraîtrai momentanément en opposition, non pas à l'esprit des règlements, mais avec ta lettre ijui lue; et j'ose compter sur vous. Monsieur le Recteur, pour nous sauver de temps en temps de In lettre. Cela du reste aura lieu le plus rarement possible et seulement pour quelques mutations dans le personnel. Ce n'est pas la cause des élèves ecclésiastiques ni du clergé que je plaide ici, mais bien celle' du collège de Doué. J'ajouterai à ces considérations que, venant au secours du collège proprement dit, dont les revenus devraient suffire i la rétribution des maîtres, et déboursant chaque année environ 4.000 fr. pour cet objet, je trouverais un peu dur qu'on n'eût pas égard à mes vœux quand il s'agit de mes collabora-

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