‹ Un dernier GallicanChapitre 115 sur 162 · LOISIRS DE CHANOINE · texte numérisé non relu

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mtcux, peut-ctrc, vous décrire les réunions plus ou moins mondaines, plus ou moin,s dévotes, et les collations plus ou moins fines et confortables que Mlle Leguay s'est mise sur le pied de donner, à son jardin, dans le cours de la belle saison. Je crois que c'est fini pour cette année, attendu que Féquinoxe est passé, et qu'il fait ici une pluie diluvienne. Mais laissons revenir le printemps : on se fera inscrire des semaines, des mois à l'avance, pour être admis aux collations du Triangle. Mlle Lcguay est presque fiére de ce succès, qui finira peut-être par dépasser ses espérances et ses prétentions. Si notre amie commune ne vous en a rien dit, c'est apparemment un efi'et de sa modestie ; car elle y a singulièrement contribué.

Vous allez donc habiter Tuffé. Est-ce bien loin du Mans, Tuifé ? Je vois bien, sur mon Almatiach du clergé^ que l'uflé est un chef-lieu de canton de l'arrondissement de Mamcrs, mais cela ne m'apprend pas si vous communiquez facilement avec le Mans, si- vous finirez par vous trouver à portée du chemin de fer, qui ne tardera pas à se relier avec Angers ; si vous trouverez dans ce chef-lieu quelques personnes à voir... Je vois que feu M. André, doyen de Tuflé, était né en 1781 et qu'il occupait son poste depuis 181 5. Soit. Que vous y viviez vousmême 40 ans bien ronds et bien bien complets : quel âge cela vous ferait-il ? Je ne sais trop ;-mais vous ne seriez point encore si vi^Mlle. Va donc pour la quarantaine d'années. Mais, dans ce temps-là, combien de fois aurez-vous renouvelé les jolies tapisseries de votre petit logis ? Combien de fois aurez-vous renouvelé les plantes vivaces et les pêchers de votre jardin ? Combien aurez-vous dit de chapelets et de De profumiis pour le repos de mon âme ? A ce propos, je remarque une chose sur mon almanach, c'est que l'inamovible curé de Tulle n'était ukmi aîné que de 14 ans, bien qu'il soit mort vieux ; cchi tout seul prouverait assez que je ne suis plus jeune...

II serait pourtant bien convenable de parler un peu spiritualité a une fille de sainte Thérèse, et de ne pas se borner à lui

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ilire tics fadaises! Mais vuiU ma quatrifmt; page bien avancée; il

n'est plus temps. Je vous Uirai toutefois, bien chère fille, pour répondre i votre question, que,. toutes choses égales d'ailleurs, il est sage de prendre pour confesseur le curé de préférence au vicaire. Je ne peux que louer l'ouverture que vous avez faite i M. le supérieur (dont je désire connaître le nom). Ses décisions me semblent sages et mesurées. Comme vous n'êtes pas niailresse de maison, je ne vois guère de circonstances où il y ail pour vous une sorte de nêetisiU de coiivaiance d'aller au spectacle, tandis que la profession haute et manifeste de piété impose à tous ceux qui vous connaissent i'obligalhii de cnmriiaiirc de ne pas vous gêner sur ce point. Prie)! pour

\'otre très affectionné et tout dévoué.

'H. Bernier, chanoine.

Une partie de ces loisirs dont l'immensité efTrayait l'activité de M. Dernier était consacrée à la direction. Ses conseils étaient recherchés et appréciés. Il compta toujours de nombreux prêtres parmi ses pénileDls. Son attitude remarquablemeni correcte, la gravité de sa célébration de la messe, la dignité de tous ses mouvements, le respect avec lequel il traitait les choses saintes, l'habitude de prier avant et après l'exercice de toute fonction sacrée, sa ferveur égale à celle des premiers temps de son sacerdoce, l'idée qu'il professait de la science ecclésiastique, laissent facilement conjecturer ce qu'il demandait aux prêtres qui se mettaient sons sa direction. Il leur recommandait particulièrement la pratique de la méditation quotidienne.

La plupart de ses pénitents laïques appartenaient ïi la classe riche et éclairée. S'il savait s'en faire écouter avec

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