LH DIRECTEUR SPIRITUEL
une respectueuse confiance, il dirigeait avec tout autant de soins les pauvres et les ignorants. Quand on avait besoin de ses conseils ou seulement de ses encouragements, il n'économisait pas ses instants. Il en avait toujours agi ainsi, même dans les périodes les plus occupées de sa vie, répondant aux questions, non comme un administrateur accablé de sollicitude, mais comme le plus désœuvré des prêtres.
Dans cette intimité, son austérité disparaissait devant une bonté toute paternelle : et c'est elle qui lui créa des affections inaltérables. Il compatissait aux faibles et aux scrupuleux, et leur prodiguait de solides consolations. Ses exhortations étaient courtes, lucides et toujours appropriées aux besoins de ceux à qui elles s'adressaient. On y reconnaissait un savoir profond, une psychologie sûre, une charité ardente. Comme dans ce qu'il écrivait, chaque mot portait, chaque phrase servait de sujet de réflexion. Il voulait une piété sincère, franche et généreuse et la dégageait de tous les u entourages superflus et modernes » qui, disait-il, ne servent le plus souvent qu'à obscurcir la foi.
Ses vues surnaturelles à l'égard de ceux qu'il dirigeait le trompaient rarement et il n'est guère arrivé que ceux à qui il ait conseillé d'entrer en religion non seulement n'y aient pas persévéré, mais encore ne se soient pas fait remarquer par leur perfection. Ce n'est pas d'ailleurs qu'il inclinât vers les couvents. Il étonna beaucoup, maintes fois, en conseillant le mariage à des personnes que leur grande dévotion semblait destiner au cloitre. Un jour qu'il venait de donner la bénédiction nuptiale à