‹ Un dernier GallicanChapitre 118 sur 162 · LE DIRECTEUR SPIRITUEL · texte numérisé non relu

LE DIRECTEUR SPIRITUEL

sentait pas porté. M. de Las Cases se rendit dans un monastère de la Trappe. Il revint soumettre ses impressions à M. Bernier qui crut y démêler des indices certains de vocation ecclésiastique. Il décida M. de Las Cases, quoiqu'il eût passé Tàge des études ecclésiastiques, à entrer au séminaire de Saint-Sulpice. Il eut la satisfaction de Ty savoir heureux, mais il mourut trop tôt pour voir dans les ordres, celui qui, dix années après, devait être Tévêque de Constantine et d'Hippone ».

A partir de Ptiiver de 1856-57, la santé du chanoine devint sensiblement moins bonne. Il ne se faisait point d'illusions et se résignait :

« Je sens trùs bien que j'ai perdu toute ma vigueur juvénile et je ne suis nullement porté à m'excéder. Ma Gy année commence le 29 de ce mois ; je ne dois pas m'étonner de me voir entré dans un déclin désormais bien caractérisé. S'il dépendait de moi de revenir â la vigueur de 40 à 50 ans, je ne sais vraiment pas si je m'y déciderais. Quoique je n'éprouve ni ennui, ni profond dégoût, je ne me sens pas attaché à la vie. C'est, en vérité, si peu de chose quand on la compare avec notre fin dernière, avec la vie véritable, qu'elle devrait, tout au moins, ne nous inspirer que de l'indifférence. Du reste j'y suis peut-, être plus attaché que je ne pense. Priez Dieu, qu'il m'en détache véritablement. Je me suis dit plus d'une fois, quand, ce qui a

1 Félix-Barlhélémy de Las Cases naquit le u septembre 1819 à Ppudis (Tarn). Aussitôt après son ordination sacerdotale, il fut appelé comme grand vicaire à Périgueux par Ma»" Baudry. Après la mon de l'évoque, il retourna en Anjou, et fut nommé, le 9 août 1863, supérieur de la congréç^ation du Bon Pasteur. En entreprenant des réformes, il se créa des difhcultés qui l'amenèrent à démissionner le i" juin 1866. (jue)que temps après avoir été nommé curé de Notre-Dame d'Angers, il fut préconisé, le 27 mars 1867, évèque de Constantine et d'Hippone. En 1872, il donna sa démission. 11 mourut, le i" octobre 1880, à Béziers.

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