LA SALETTE
M. Bernier, l'abbé Legeardde la Dyriais, M. de Lens, rinspecteur d'Académie, M. Bougler, conseiller à la Cour d'Appel, pensèrent qu'il était urgent pour l'intérêt de leur foi de réduire à ses justes proportions révénement prétendu miraculeux. Ils cherchèrent une plume de bonne volonté. Deux laïques auxquels le travail fut proposé le l'efusèrent prudemment. M. Dernier l'accepta. Comme la discussion n'était point particulière à l'Anjou, il résolut de ne faire aucune allusion aux disputes locales ; mais il voulut profiter de l'occasion pour exposer et justifier en même temps la doctrine de son sermon qu'on avait si étrangement dénaturé. Il posa ainsi sa thèse en trois parties : « un catholique judicieux, un catholique soumis d'esprit.et de cœur à l'autorité de l'Église, un catholique sincèrement pieux envers Marie, peut se refuser à croire que la Sainte Vierge est réellement apparue, ie 19 septembre 1846, à deux jeunes bergers de la Salette ^ ». Quant à la dévotion nouvelle, née dans ces conjonctures, l'auteur la déclare respectable, telle que l'autorité compétente l'approuve, et il se garde en conséquence de toute expression blessante. Mais il veut avoir si complètement raison qu'il ne néglige aucun bon argument. Un opposant de son temps ne pouvait en dire davantage pour ruiner la crédibilité de l'événement, ce que pourtant le chanoine ne déclare pas entreprendre. Partout et le plus naturellement du monde il dépasse de beaucoup son sujet, mais sans jamais l'abandonner. Il s'élève aux plus graves questions
I IhiJ., p. m.