‹ Un dernier GallicanChapitre 13 sur 162 · LA DÉMISSION DU PRINCIPAL · texte numérisé non relu

LA DÉMISSION DU PRINCIPAL

cure était vacante, où M. Bernier pourrait être rhomme de la situation.

La détermination du princPpal fut bientôt irrévocablement prise. Huit jours après^ le recteur recevait sa démission et Tévêque le présentait au gouvernement pour la cure de Saumur. Grande fut l'émotion causée par cette nouvelle. Le collège, à lui seul, faisait circuler plus de cinquante mille francs 1 dans la petite ville et il épargnait de grosses dépenses à de nombreuses familles pour l'instruction de leurs enfants. Si M. Dernier, qui avait fait la fortune de l'établissement, le quittait, qu'arriverait-il ? Pris de frayeur, le maire et trois députés de la commune vinrent supplier le démissionnaire de rester et lui offrir d'appuyer ses désirs auprès de l'Université. Tout fut inutile. Deux jours après, le 20, les nolables de Doué, venus en ambassade à Angers, n'eurent d'autre ressource que de ramener avec eux un nouveau principal, M. Moufflet, sous-censeur du collège royal. Le 23, eut lieu la distribution solennelle des prix. M. Bernier y invita ainsi qu'au diner, les autorités et tous les officiers de la garde nationale, au nombre de quinze.

Ces braves gens purent entendre le discours d'adieu des élèves à leur regretté supérieur. Louis-Philippe y était déclaré a dépositaire inviolable de Vautorité divine ». — Une si douce proclamation fut à peu près la dernière satisfaction que les habitants de Doué goûtèrent de leur collège. Tout laïque qu'il était et malgré son incontes-

I Notice^ p. 184.

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